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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 08:53

 

(Publié une première fois le 6 février 2015)

 

Besoins biologiques de l’espèce humaine,

complexification et satisfaction des besoins, conscience.

 

 

 

Très brièvement :

 

Le processus de développement de l’humanité ne connaît meilleure santé et meilleur approfondissement de sa conscience que lorsqu’il adhère profondément aux besoins biologiques de l’espèce humaine (1).

Pour préciser, je propose une formule concentrée un peu compliquée mais nécessaire je crois: La « déadhérence-réadhérence » (2) conceptuelle en aller retour simultané dans le mouvement interne-externe du « corps humain-activité cérébrale-milieu » (« Corps-soi »), et dans mouvement de « déadhérence-réadhérence » de ce corps avec le corps social-milieu élargi, « déadhérence-réadhérence » interne-externe indispensable à production des biens et à la satisfaction des besoins « primaires » et des besoins complexes « fonctionnant » en unité, c’est le travail, l’activité toujours sociale, qu’elles qu’en soient les apparences,  qui la produit et sur lequel elle agit en rapports dialectiques.

C’est là une formule tautologie et une lapalissade, puisqu’il ne s’agit pas d’en faire la démonstration, mais un constat dont l’hypothèse et la conclusion (Evidentes je crois…) reposent sur la même donnée, la même affirmation : le travail en tant que formateur de conscience et les rapports d’une entité pensante avec son « extérieur »

 

....Dans un poème, j’écrivais :

pour contempler un vol d’oiseaux

ou le silence des étoiles

il faut élever son regard

car il est des gestes

inexplicablement

essentiels

 

 Il ne s’agit pas là de substituer un constat à la recherche. Le constat est le résultat d’une recherche, empirique ou-puis scientifique. Et le processus de recherche agit sur la conscience au même titre que toute activité productrice (3) , productrice directement ou indirectement. Il s’agit de donner à réfléchir sur la validité de ce constat.

 La question révolutionnaire est encore toujours la question des subsistances, à l’instar de la révolution robespierriste (Bourgeoise mais non seulement), quel que soit le niveau de développement et de complexification des subsistances et le niveau de développement et de complexification des structures sociales en développement. Il n’y a pas de spiritualité plus grande et profonde que celle-ci.

C’est peut-être ce dont avait l’intuition, ce qu’est la raison, et l’être profond, du christianisme dans sa symbolique du pain et du vin et du dieu à corps humain, au-delà de la mobilisation sociale face à une société de classe, une société coloniale, un affaissement des rites fondateurs,

Pierre Assante, 1er février 2015

 

Notes :

 

(1) Ce qui paradoxalement ne correspond ni au malthusianisme d’hier ni aux nouvelles théories de la décroissance et de la « qualité de vie » dans la décroissance, lesquelles ne posent souvent (mais pas toujours) la question de la croissance qu’en terme quantitatif qui est celui de capitalisme et non en terme qualitatif-quantitatif qui est celui d’un communisme encore à venir, c'est-à-dire de l’économie et du développement des moyens de vie, de produire. Adhérer profondément aux besoins biologiques de l’espèce humaine ce n’est pas les limiter. La conscience humaine a besoin de moyens de développement, en santé bien sûr. Toute l’évolution dans la nature, les espèces animales dont notre espèce pensante découle, semble l’illustrer. La disparition d’espèces est liée à la disparition de leurs moyens de vivre soit par une bifurcation malade dans leur processus soit par une maladie de leur milieu ne permettant pas une bifurcation en santé. Un processus est une bifurcation permanente, une continuité et des sauts de bifurcation, au sens qu’en donne Prigogine.

Autre chose que les théories de la décroissance et de "retour à la nature" de ceux qui peuvent, est le besoin de diversité biologique et culturelle, de coexistence de strates productrices (forces productrices, techniques, cultures productrices, populations "superposées", accumulées « verticalement » et « horizontalement »), traces du temps et conscience anticipatrice du futur. Et plus que trace, mais point de jonction de la durée et de l’instant-devenir.

 

(2) Les termes en italique, ergologiques, ont été crée par Yves Schwartz.

 

(3) Noter que j’utilise le terme « productive » du point de vue et de la réalité capitaliste, de production de profit, et « productrice » (j’oublie parfois !) du point de vue du double contenu de l’objet de production et de production d’objets dans leur double contenu « physique et culturel » et « bien matériel et de service », parasitaire ou non, en système capitaliste, c'est-à-dire de la valeur d’usage et de la valeur d’échange mêlées.

Quel terme futur, à venir, à choisir, pour une production et pour un travail d’un producteur libre, jusqu’au bout, et non au sens où le producteur a le droit de vendre non soi mais sa force de travail et le propriétaire ou la classe en individus ou en entités d’individus groupés dans l’usage privé du mouvement du capital, d’acheter la force de travail du, des producteurs

 

L’HUMANITE ENTRE DANS SON ADOLESCENCE.

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/03/l-humanite-entre-elle-dans-son-adolescence-recueil-janvier-fevrier-mars-2019-remanie.html

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QUELQUES RECUEILS ET LIENS :

 

« PHILO », Le corps, Choix de 7 articles philosophiques  extraits du blog avec dates : ici

http://pierreassante.fr/dossier/LE_CORPS_Receuil.pdf

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JOURNAL juillet-août 2017  : ici

http://pierreassante.fr/dossier/JOURNAL_juillet_aout_2017.pdf

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*Essai sur LA PENSEE MARX : ici

http://pierre.assante.over-blog.com/2017/02/la-pensee-marx-i-ii-iii-iv.html

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*Site de la Revue Economie et Politique : http://www.economie-politique.org/

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* 31 articles anciens sélectionnés, en cliquant ici

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REFLEXIONS ITALIENNES JANVIER 2020. LE LIEN :

http://pierre.assante.over-blog.com/2020/01/reflexion-italienne.1.2.3.la-question-du-choix-reste-majeure-dans-la-pensee-humaine.html

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 07:53

Copie de JAN10 013Article publié une première fois sur ce blog

le 26 décembre 2014

 

Est-ce un effet de l’acquisition d’une maturité humaine, à quelque âge qu’on l’atteigne, que de penser ceci ou une nouvelle illusion sans effet :

 

Tenter de résoudre les besoins quotidiens humains (et les désirs en santé qu’ils induisent en aller-retour) n’est-il pas ce qui fait l’essence humaine  (1)?

 

Pour tenter de résoudre ces besoins quotidiens ne faut-il pas sans cesse améliorer notre connaissance de la nature sur laquelle nous agissons pour les résoudre ?

 

Prendre connaissance des limites de la capacité de l’espèce humaine du moment à comprendre cette nature ne fait-il pas partie de la connaissance ?

 

N’y a-t-il pas un lien essentiel entre l’instinct de conservation et de développement et cette façon de réagir aux besoins et à ses propres besoins au sein des besoins de l’espèce dont la solidarité concrète est nécessaire à la survie ?

 

N’y a-t-il pas un lien entre le développement de la conscience de solidarité avec cette solidarité concrète inconsciente?

 

Même si le routard ou le SDF, peut penser ne pas dépendre des autres, qui se nourrissent du pain ramassé dans la poubelle, n’y a-t-il pas toujours dépendance aux autres, avec le paysan qui a cultivé la terre, le boulanger qui a cuit le pain, les ouvriers et les ingénieurs dont le travail est entré dans cette chaîne, et l’enseignant et l’artiste présents dans cette chaine, etc. ?

 

N’y a-t-il pas menace contre cette solidarité vitale en instituant des hiérarchies et des traitements inégalitaires entre tous les présents de la chaine et ceux qui ont difficulté ou hostilité à s’y sentir présents ?

 

L’athéisme n’est-il pas à la fois la mesure des limites de l’espèce en matière de connaissance, la mesure des illusions sur nos capacités et la négation d’une dépendance abstraite et la négation de croyances hors de la portée de la connaissance ?

 

L’athéisme n’est-il pas aussi à la fois la négation d’une croyance à cette dépendance et un non dépassement de cette croyance puisqu’elle s’institue en nouvelle croyance ?

 

La négation de la négation, c'est-à-dire le dépassement, la positivation de cette idée de dépendance, n’est-elle pas simplement la conscience de la nécessite et de la volonté dans le moment de l’existence humaine, individuelle et générique (de l’espèce), du processus de l’être social, de la société dans la nature ?

 

Cette conscience de dépendance n’est-elle pas finalement et le fondement des religions et le fondement de leur dépassement, le fondement positivé des espoirs individuels et collectifs et de la volonté d’agir sur le processus dont nous dépendons et qui forment notre existence en tant qu’humains.

 

Cette dépendance n’attire-t-elle pas la prière « laïque » sur laquelle repose les limites de nos possibles individuels et collectifs et que nous voulons dépasser, même et surtout quand nous sentons notre impuissance entre la réalité et nos volontés « sans rivage » et légitimes ?

 

Le renoncement à résoudre les besoins quotidiens humains, les nôtres n’est-il pas la source des violences et des destructions contre nous-mêmes, c'est-à-dire la perte de la capacité à agir sur notre propre processus dans celui de l’humanité ?

 

Ce renoncement ne trouve-t-il pas dans le paroxysme religieux sa raison d’être, que se soit sous forme « passive » ou sous forme « active ».

 

La confrontation pacifique de toutes les formes de réactions humaines à la résolution des besoins vitaux et leur processus de complexification, croissance sans laquelle il y a mort, n’est-elle pas le complément et l’élément indissociable dans l’unité des contraires et la résolution des contradictions dans le nouveau, du processus en santé de l’humain ?

 

La forme violente de la transformation peut-elle se transformer elle-même en une forme qualitativement nouvelle de la violence, coexistente d’une forme nouvelle de rapports sociaux qui ne sera plus violence, en strates et spirale de sauts qualitatifs-continuité du processus humain dans le processus de la nature ?

 

Pierre Assante, 26 décembre 2014

 

(1) N’est-ce pas cela plutôt que « l’être-soi » compétitif-libéral d’Attali ?

 

Citations et interrogations sur les citations.

 

« Ma conscience universelle n’est que la forme théorique de ce dont la communauté réelle, l’organisation sociale, est la forme vivante, tandis que, de nos jours, la conscience universelle est une abstraction de la vie réelle, et à ce titre, s’oppose à elle en ennemie…

…L’homme ­à quelque degré qu’il soit un individu particulier et un être social individuel réel- est donc tout autant la totalité, la totalité idéale, l’existence subjective pour soi de la société pensée et sentie…

…Penser et être sont certes distincts, mais, ils sont unis l’un à l’autre…

…La mort apparaît comme une dure victoire de l’espèce sur l’individu déterminé et semble contredire leur unité ; mais l’individu n’est qu’un être générique déterminé : c’est en tant que tel qu’il est mortel…(1)

…Ainsi, par exemple, l’activité directement en société avec d’autres, etc., est devenue un organe de la manifestation de ma vie et un mode d’appropriation de la vie humaine…

 

Marx, 1844

 

Mais attention :

 

…Certes, toute classe, pour légitimer son existence et ses actes historiques doit « donner à ses pensées la forme de l’universalité »… »(2)

 

Marx, 1844

 

"......Feuerbach résout l'essence religieuse en l'essence humaine. Mais l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé. Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux."

Marx 1845

 

(1) Idem au niveau de la société et « au niveau » de la nature ?

 

(2) « ...Certes, toute classe...donner à ses pensées la forme de l’universalité... » : Jusqu’à l’abolition des classes sociales, c'est-à-dire un système social où les conditions de production, d’échange et de savoir, leur abondance, leur automatisation rendue dépendante des besoins humains -et non des formes tayloristes-, multiplicatrice des forces productives et du temps non contraint, rendront nécessaire et vitale leur disparition  -des classes sociales-, le remplacement en santé de la propriété par le libre usage dépassé et non par un communisme primaire. Démocratie généralisée, du citoyen et du producteur : que, quoi, comment produire… ? 

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 11:39

2 question

 

 

 

Mis en ligne sur ce blog une première fois le 16/07/2013

 

2 QUESTIONS POUR PROCEDER...(Recueil final) :

http://pierreassante.fr/dossier/ECRITS_SUR_L_ERGOLOGIE_ET_LES_EPISTEMICITES.pdf

Cliquer :

ici

      S&R N°25 Sommaire 

   AU PREALABLE :

Sur le terme « épistémicité »,

voir page 9-10 sur les concepts, le  schéma pages 7 et 18 et note,

le début de l’article

page 7 « I . EPISTEMICITES »,

et l’ensemble de cet ouvrage qui en traite.

P.A.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et "LE TRAVAIL ET LE TEMPS"

sur le N°25 de

"La Somme et le Reste" sur ce lien (2.95 MB):

ici

 

 

 

 

EPISTEMICITES0002

 

 

 

 

Schéma du Professeur

Yves Schwartz

 

 

 

 

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 07:15

Article publié une première fois sur ce blog le 6 février 2014 :

****************************************************************

 

Je reprends un extrait d’un article précédent :

 

Dès la naissance la personne humaine est confrontée à la rechercher de la résolution de ses besoins.

Le développement de son cerveau, sur la base de sa constitution biologique s’effectue à travers le contact social et la résolution de ses besoins qu’elle y trouve.

 

L’être social se constitue.

De la « mise en synergie » des perceptions à la constitution de concepts, de systèmes de concepts, de la dénormalisation-renormalisation de systèmes de concepts, le mouvement cérébral en aller-retour entre le besoin de l’individu et celui de la société humaine se « réorganise » en accumulation en « spirale » et en « strates ».

Chaque strate précédente n’est pas une strate archéologique morte. Elle est réorganisée dans une transformation qualitative qui en se complexifiant simplifie les relations entre les données et leurs interactions.

Les données nouvelles s’intègrent et se « condensent » avec les données anciennes et leurs relation s’assouplit. La synthétisation s’intègre à l’accumulation.

**************************************************************************************************************

J’ajoute :

 

Lorsque l’on utilise moins,  volontairement ou par « oubli », nos systèmes de concepts, ils ne disparaissent pas, ils s’enfouissent dans les profondeurs, ils cessent de s’agiter fortement comme la mer après la tempête mais restent en mouvement « atténué ».

De même que tout souvenir douloureux ou heureux se calme, trouve « une place » dans le « tiroir » d’où un  évènement (une chose qui se passe et le rappelle –appeler de nouveau) l’en tire plus ou moins « au jour » de la conscience et de l’inconscience.

De même le taux d’intérêt psychologique tend à diminuer, l’activité cérébrale à « se mettre en veille » lorsque l’accumulation cérébrale ne trouve pas un usage « intéressant ».

 

Le « capital constant de la mémoire » qui occupe une place de plus en plus grande ne peut que tendre à abaisser le taux d’intérêts psychologique et le profit que peut tirer l’activité cérébrale ne peut grandir que par l’augmentation de la masse de son activité.

Ceci dépend de toutes les possibilités d’activité de tout le corps en rapport avec l’accumulation cérébrale, ce qui justifie la mort de l’être pensant (et de l’animal pensant) en tant qu’individu et la transmission sociale de la pensée (et de l’instinct animal transcendé par la pensée, les rapports sociaux).

Mais ceci justifie aussi l’activité cérébrale « jusqu’au bout » dans la mesure où l’apport extérieur n’est pas le seul fait du seul corps-soi mais de l’interaction qu’il EST, constitue,  entre lui et l’extérieur (tautologie non sans intérêt puisque elle ne saute pas toujours aux yeux de façon évidente).

 

Le taux d’intérêt psychologique dépend donc des rapports sociaux et les rapports sociaux du taux d’intérêt « global » que l’activité « globale » de la société induit. Lorsque les contradictions internes d’un mode de production tendent à réduire la qualité des rapports sociaux et son effet progressiste, processuel, le corps-soi en subit les freins et en même temps les besoins d’activité cérébrale augmentent.

Ce « en même temps » contradictoire, comme toute contradiction, ne trouve pas automatiquement solution, d’autant qu’elle est une contradiction ni minérale ni biologique, mais sociale donc les 3 à la fois, la pensée étant indissoluble de son support « physique », la nature étant des « toutS » particuliers en rapports dialectiques.

 

La volonté est de l’ordre de la pensée et du rapport d’intérêt entre le « profit » d’un mouvement de pensée et « l’investissement » qu’il demande. Il en est ainsi pour tout concept, toute sensation consciemment perçue, tout sentiment.

 

L’autonomie relative de tout concept, toute sensation consciemment perçue, tout sentiment partant du besoin « matériel et moral en unité », par rapport aux conditions qui les ont induits, créés, est l’élément qui permet les dénormalisations-renormalisations sociales dans l’interaction individu-société.

Cette autonomie est d’autant réduite que l’activité dépend d’un usage de soi contraint par l’autre, d’autres. Il y a comme une demande à flâner dans la vie lorsque la contrainte naturelle, l’anankè naturelle et sociale est utilisée par l’autre. A flâner ou à mourir. Le cas se produit de plus en plus.

 

Non que flâner ne soit pas une activité créative. Mais elle n’est plus une activité « suffisamment » productrice ni productive (au sens du capital, au sens de valeur marchande comme de valeur d’usage) lorsque la contrainte établit une frontière plus ou moins étanche entre le besoin d’activité et sa satisfaction, sa réalisation.

La réalisation est bien l’essence de l’humanité. C’est en quoi une pensée spéculative sans débouché « réalisateur » est stérile : autre tautologie non évidente que Marx a développée dans ses thèses sur Feuerbach (on les trouve sur internet). Il l’a développée dans un vocabulaire correspondant aux conditions du débat de son temps, elles sont incomprises si on refuse de les situer dans leur contexte mais on les « lit » dans le notre.

 

Les thèses sur Feuerbach sont pourtant claires pour qui les aborde sans l’à priori d’une éducation dominante inscrite dans l’idéologie variable en fonction des rapports de forces entre classes sociales.

Une pensée spéculative sans débouché « réalisateur » est stérile, et c’est bien ce que recherche le capital dans la lutte idéologique, car il sait que la conscience est un danger pour lui. La conscience permet de rechercher les solutions à la contradiction interne relativement bloquée du système, et en même temps de le dépasser. Le capital monétaire crée donc ici aussi ses propres contradictions en matière d’efficacité de l’activité en développant l’usage de soi des autres* pour lui et la pensée non opérationnelle dans un même mouvement du profit capitaliste, son mouvement « A-M-A+ »**.

 

Le capital ne peut se dépasser par lui-même, par une volonté interne  propre de dépassement mais par les forces contradictoires qu’il crée en lui-même. Le salariat est la « matérialisation » de cette force interne au capitaliste, comme forme achevée mais en mouvement du travail dans le système capitaliste, travail en crise de croissance. Et le frein à la conscience des salariés, des vendeurs de leur force de travail est évidemment un frein au développement des forces productives et au besoin de leur développement quantitatif et encore plus qualitatif.

 

L’on voit ainsi la relation dialectique entre la « condition matérielle » et la « condition morale » de développement du capitalisme, ses limites et le besoin de son dépassement (suppression par transformation dans la continuité du mouvement).

 

« La réforme de la conscience consiste simplement à donner au monde la conscience de lui-même, à le tirer du sommeil où il rêve de lui-même, à lui expliquer ses propres actes » Correspondance Marx-Engels, Editions sociales, T1, 1971.

 

L’amour est un besoin social, et la sexualité humaine, la fusion maternelle puis amoureuse en est un support « sublimé » vers la personne et vers la société. Il ne peut s’accommoder d’un frein durable à la satisfaction des besoins et au besoin premier humain de conscience de la nature sur elle-même, dans le partenariat amoureux heureux et à plus forte raison dans un « contrat social sans amour » ou tant en manque d’amour qu’est notre société en crise du mode de production ou justement le besoin « matériel » comme « moral » est mutilé par l’horizon restreint du profit, d’un échange « Argent-Marchandise-Argent plus », que la caricature de l’égoïsme bourgeois illustre le mieux dans la prise de conscience du mouvement ouvrier.

 

Pierre Assante, 6 février 2014

 

*   Voir la notion développée par le Professeur Yves Schwartz sur « l’usage de soi par soi-même et l’usage de soi par le, les autres » (« L’activité en dialogue 1 et 2 », Octarès), de même que les notions de dénormalisation-renormalisation et toutes les notions d’ergologie qu’il a développées. (« Expérience et connaissance du travail », Editions Sociales, « Le paradigme ergologique ou un métier de Philosophe », Octarès)

 

** « Argent-Marchandise-Argent plus »

 

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 06:15

2013 05 03 005

Article déjà publié sur ce blog le 20 décembre 2014

*

MUTATION ?

 

Il n’y a pas nécessité de déstructuration d’une société pour qu’elle poursuive une évolution en santé.

C’est ce qu’exprime en creux (et en bosses !!!) le malaise de l’humanité et que les mouvements dogmatiques tentent de récupérer aux « deux bouts » des objets sociaux, humains, en n’obtenant rien d’autre qu’un pourrissement graduel en accélération.

 

Certes, comme nous en font la démonstration Hegel dans sa philosophie en tentant de sortir du conservatisme  spéculatif et Marx en y réussissant par son renversement à partir des besoins humains traités par les humains et non par l’héritage divin, monarchique et du chef (D’entreprise, entre autres chefs !), il y a à la fois continuité et saut dans un processus. Ce qui est tout différent d’un grand soir.

 

L’accumulation, quelle qu’en soit la lenteur ou la rapidité (c’est relatif !) ne peut être que progressive. Les sauts violents ont la qualité d’être périlleux, surtout s’ils ne réservent aucune réserve de diversité (1) aux innombrables composantes d’une société, qui elles sont diversissimes et se trouvent dans la contrainte du même péril « choisi » (2).

 

Les sauts qualitatifs contiennent et sont contenus dans l’accumulation progressive renouvelée.

 

L’usage du terme « mutation », terme originellement d’ordre biologique et non social, reflète cette difficulté d’imaginer, de projeter une transformation d’une autre qualité que le remplacement d’un despotisme par un autre despotisme, ce qui a été le modèle des révolutions depuis l’instauration millénaire de la société de classe, de la société marchande et des dominations  successives des détenteurs de la richesse jusqu’à aujourd’hui dans le capitalisme monopoliste mondialisé, informationnalisé.

 

La transformation progressive ne peut échapper à la lutte des contraires de laquelle nait un état nouveau. Mais l’état nouveau d’une société pensante et consciente, d’une conscience en processus n’est pas un état nouveau biologique, même s’il contient bien sûr la base minérale et biologique de toute espèce vivante et pensante.

 

Tout mouvement de la nature a une forme particulière dans la forme générale. Le mouvement de la société n’est pas un mouvement de mutation. Le terme mutation est un terme dogmatique, même si telle n’est pas l’intention de son utilisateur.

 

Mais l’essentiel n’est pas le choix d’un terme, même s’il reflète un état. L’essentiel est le contenu sémantique du terme et le lien qu’on fait entre lui et la réalité du mouvement, l’entrée en profondeur d’une vision du mouvement, le processus de la conscience dans l’observation du mouvement, et la constitution d’une expression collective et consciente d’un processus inconscient « au départ », toujours en avance sur la conscience.

 

Pour ce qui est du dogmatisme « mutationnel », je donnerai en France la médaille de la déstructuration sociale à Denis Kessler (3), initiateur des Sarkozy, des Valls et des Macron.

 

Mais c’est lui faire trop d’honneurs. La médaille générale revient de droit à l’orchestre Capital U.S.-C.I.A.-FMI.

 

Leur transformation (Aufhebung –Terme allemand utilisé par Marx : remplacement par transformation, destruction-continuité) est donc au cœur du besoin mondial de transformation en santé.

 

Ce n'est pas une "mutation" vers laquelle la multitude des mouvements devraient converger (4). C'est de la cohérence sociale en conscience, en processus nécessaire à atteindre qu'il est question (5).

 

Pierre Assante, 20/12/2014

 

(1) « Réserve d’alternatives » dirait Yves Schwartz ce qui est bien autre chose qu’une transformation prescrite par ceux qui tiennent le pouvoir sur la prescription et étouffent  la transformation en santé et le développement des besoins de transformation en santé. Réserves d’alternatives, qui comme le terme l’indique existent dans l’activité de l’humanité, et qu’il faudrait développer en santé, dans la recherche de cohérence de la personne incluse dans la recherche de cohérence du collectif, le collectif local, régional et général de production et de reproduction des besoins, leurs satisfactions, donc la production au sens strict, dans les « entités collectives relativement pertinentes » que sont les « entreprises » publiques et privées, mais encore de « droit monarchique » du travail.

 

(2) Lénine recommandait, peu avant sa mort un travail lent de transformation  de la paysannerie par elle-même pour constituer une accumulation primitive, réflexion que les difficultés et les échecs de la révolution inspiraient (à l’instar de la N.E.P.), recommandation foulée au pied par les tenants de ce qu’on appelle le stalinisme, comme tant d’autres « recommandations » et quelquefois à leur corps défendant, sous la pression du despotisme dictatorial et de l’inexpérience qu’il contient.

Ceci n’est pas un propos antirévolutionnaire, l’histoire passe toujours par l’inexpérience (c’est une lapalissade), et la classe ouvrière russe, l’homme producteur russe local, et ses interprètes organisés (c’était la situation historique !) étaient dans la situation de mener leur action dans les conditions de temps et de lieu. Je ne pense pas que la bourgeoisie russe aurait été merveilleusement démocratique. Mais là où l’erreur est grande c’est lorsqu’il n’est volontairement pas tenu compte de l’expérience, ceci pour satisfaire des visées personnelles…

 

(3) Dégénérescence de l’inventivité entrepreneuriale mulhousienne de la révolution industrielle… ?

 

(4) Au tournant de chaque expression de ce texte se cachent et des erreurs et des malentendus. C’est le lot de toute communisation et de ses outils humains rudimentaires, même lorsqu’ils sont travaillés au plus fin possible. Si une communication ouvre des sentiers, qui seront à piétiner et re-piétiner pour en former d’autres, c’est une grande victoire sur soi-même et une petite victoire humaine.

 

(5) L’histoire, l’aboutissement, les limites de la société marchande se confondent avec l’histoire de la mesure de la valeur. Quelle issue à ces limites ?

 

« …Désubalterniser le travail n’est donc pas chose facile. Et les exemples sont légions où le champ des forces productives sera rabattu sur une conceptualité purement économique, ou technologique…ou autre...

...Evaluer les véritable dimensions du travail ne saurait à nos yeux laisser à ce concept le statut d’un indéfini……

...L’extrême difficulté est de tendre à un mode de connaissance du travail qui conserve de cette visée de connaissance l’ambition de conceptualisation qui lui est propre, sans jamais s’enfermer dans un champ qui mutilerait son espace indéfini de capillarité...

...C'est-à-dire nouer dans un même effort, l’ambition de dimensionner et la pression à dédimentionner l’activité concrète des hommes au travail…

...Cela est-il possible ? Quelles sont les « dimensions du travail ?... »

 

Yves Schwartz, « Expérience et connaissance du travail », P. 408, Ed. Sociales, 1988. Les Editions sociales viennent de republier cet ouvrage augmenté et postface, 2012. 

 

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 07:31

BULLETIN HETERODOXE MARS N 2

 

« La Philo du Prolo » N° 2

 

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ici

 

http://pierreassante.fr/dossier/

LA_PHILO_DU_PROLO_N2_MARS_2015.pdf

 

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Le N° 1

LIRE ici

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 09:03

20120501pier paolo pasolini-vangelo secondo matteo cutro cr

PAR ESSENCE COMMUNISTE

 

Une société est par essence communiste.

 

Il n’y a pas de société pensante qui puisse survivre autrement que par la mise en commun des efforts de tous, à divers degré de conscience, et de participation par conséquent.

 

Ce qui diffère entre communisme et libéralisme, c’est le type de mise en commun.  Le communisme tend à renforcer  la mise en commun, la faire progresser en quantité et en qualité. Le libéralisme au contraire tend à  l’affaiblir, l’éparpiller et l’isoler, et à terme à menacer la santé et la vie de la société, des générations successives, des personnes qui la composent dans son renouvellement continu nécessaire.

 

Cette mise en commun des efforts humains n’est pas une volonté morale abstraite. C’est la mise en mouvement progressif de tous les champs de connaissance, de compréhension et d’activité permettant la satisfaction des besoins, le processus de conscience en étant le moteur.

 

Pierre Assante, samedi 28 mars 2015

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 07:00

DI-RUZZA.jpgL’Université Populaire du Pays d’Aubagne et de l’Etoile

accueillera 

mardi 31 mars 2015

 

Renato Di Ruzza,

 économiste, ancien directeur scientifique à l’Iseres et actuellement directeur du département d’ergologie de l’université de Provence 

qui traitera le thème : 

Produire des connaissances : de la physique aux sciences sociales

Début du cours à 19 heures. Accueil à partir de 18 heures 30

salle 006 du Lycée Joliot Curie

8 avenue des Goums     (portail bleu près de la poterie Ravel)

 

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 07:09

      Article publié une première fois sur ce blog

le Vendredi 13 février 2015

 

LA PHILO DU PROLO fevrier 2015-copie-1 

 

 

LIRE

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http://pierreassante.fr/dossier/

LA_PHILO_DU_PROLO_1_

Guerir_les_causes.pdf

 

       

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 22:01

LIREAUGUSTIN

ici

 

http://pierreassante.fr/dossier/

MARX_RELIGION_HUMA_DIMANCHE_15.01.29.jpg

 

(ouvrir le lien et agrandir en cliquant dessus une fois ouvert)

 

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 05:40

Matérialisme-et-Empiriocriticisme-Lénine-1909Lénine cite et commente longuement Dietzgen, ouvrier communiste et philosophe, à deux reprise, dans "Matérialisme et Empiriocriticisme".

 

Cet ouvrage, destiné à contrecarrer les idées de Mach contient de la part de Lénine, politique et intellectuel du mouvement ouvrier, de fulgurantes visions scientifiques relatives à son temps (sur la masse et la matérialité de l’électron, par exemple, ce qui sera démontré 40 ans plus tard), au moment (1909) où la science est en train d'hésiter dans ses démonstrations et conceptions en essayant de s'approcher d'une vision de la constitution de notre cosmos, entre rationalité et mythes.

 

Mach et son école se revendiquent du bolchévisme et pensent révolutionner la pensée Marx avec un rapprochement conscient ou inconscient des idées de Berkeley.

 

La question pour Lénine est de s'approcher le plus possible d'une vision de la réalité en mouvement, pas par esthétique pure ou simple curiosité, mais pour permettre d'agir sur cette réalité en santé, et dans l'intérêt de la classe sociale exploitée, la classe ouvrière, et de la libération de toute la société à travers sa libération.

 

C'est en 1909, après l'échec de la révolution russe de 1905, reposer les bases d'une action et de conceptions opérationnelles pour cette transformation sociale.

 

Que Lénine "recommence" par la philosophie n'est pas sans signification militante.

 

L’on sait aussi depuis (plus ou moins, je crois !) que la transformation sociale, nécessaire et réelle depuis que l’humanité existe, demande aujourd’hui plus qu’hier une longue évolution et de solides connaissances s’opposant à un romantisme révolutionnaire généreux mais insuffisant en soi, et une interprétation consciente de son processus inconscient.

 

Vous trouverez en lien une brève réflexion personnelle, faite à mes risques et périls...et j'espère non aux périls de lecteurs (éventuels), sur ce débat d’alors qui se poursuit aujourd’hui, insuffisamment, sur « corps, pensée et société », miroirs de notre devenir.

 

Pierre Assante, 25 février 2015

LIRE

ici

http://pierreassante.fr/dossier/Pensee_et_matiere_Dietzgen_et_Lenine.pdf

(1,29Mo)

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 06:04

1844Toute aliénation de soi de l'homme à l'égard de soi-même et de la nature apparaît dans le rapport avec d'autres hommes, distincts de lui…

  

 ……Réfléchissons encore à la proposition précédente : le rapport de l'homme à lui-même n'est objectif, réel, pour lui que par son rapport à l'autre. Si donc il se comporte à l'égard du produit de son travail, de son travail objectivé, comme à l'égard d'un objet étranger, hostile, puissant, indépendant de lui, il est à son égard dans un tel rapport qu'un autre homme qui lui est étranger, hostile, puissant, indépendant de lui, est le maître de cet objet. S'il se comporte à l'égard de sa propre activité comme à l'égard d'une activité non-libre, il se comporte vis-à-vis d'elle comme vis-à-vis de l'activité au service d'un autre homme, sous sa domination, sa contrainte et son joug.

Toute aliénation de soi de l'homme à l'égard de soi-même et de la nature apparaît dans le rapport avec d'autres hommes, distincts de lui, dans lequel il se place lui-même et place la nature. C'est pourquoi l'aliénation religieuse de soi apparaît nécessairement dans le rapport du laïque au prêtre * ou, comme il s'agit ici du monde intellectuel, à un médiateur, etc. Dans le monde réel pratique, l'aliénation de soi ne peut apparaître que par le rapport réel pratique à l'égard d'autres hommes. Le moyen grâce auquel s'opère l'aliénation est lui-même un moyen pratique. Par le travail aliéné, l'homme n'engendre donc pas seulement son rapport avec l'objet et l'acte de production en tant que puissances étrangères et qui lui sont hostiles ; il engendre aussi le rapport dans lequel d'autres hommes se trouvent à l'égard de sa production et de son produit et le rapport dans lequel il se trouve avec ces autres hommes. De même qu'il fait de sa propre production sa propre privation de réalité, sa punition, et de son propre produit une perte, un produit qui ne lui appartient pas, de même il crée la domination de celui qui ne produit pas sur la production et sur le produit. De même qu'il se rend étrangère sa propre activité, de même il attribue en propre à l'étranger l'activité qui ne lui est pas propre…… »

Karl Marx, 1844

 

* Note du blogueur : il faut « resituer » ce « prêtre » dans le contexte de domination institutionnelle et idéologique de l’époque de Marx de la religion. On peut « assimiler » ceci aujourd’hui dans tout autre rapport de domination institutionnelle et idéologique, à l’entité, au journaliste des médias dominants complaisant ou à une personnalité médiatique éludant dans sa communication tout ce qui pourrait, en ne dévoyant pas des luttes concrètes les constats évidents de domination,  affaiblir la domination du système. On sent bien la complexification de la domination dans la complexification du système au niveau atteint aujourd’hui. Le reflet et l’effet concret de la domination dans l’idéologie et vice versa trouve contestation et action opposée dans la sphère de la domination elle-même. C’est le cas de la théologie de la libération ou de ses limites, comme de toutes limites dans un moment historique particulier, des forces anti-système, paradoxe apparent. Les contradictions, les forces contradictoires se manifestent dans tout mouvement de la société et de la nature. Evidemment toute idéologie qui rend abstrait les rapports entre les humains, en donne un reflet inversé, mutile les abstractions opérationnelle conduisant à l'action contre le système, pour sa transformation , son dépassement en santé. Cette note essaie de résumer en quelques mots ce qui prendrait beaucoup plus de place pour être développé, mais qu'on peut trouver, en beaucoup mieux, dans toute la pensée marxienne.

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 09:29

pierre-assante.gifSUR Le double mouvement de parcellisation et de commun, dans le système producteur-produtif *, les mentalités qui en sont issues et leurs autonomies relatives.

 

La prise de pouvoir par la classe bourgeoise dans une partie du monde des XVIII° - XIX° siècle a permis à cette dernière de développer son mode de production (1) et les forces productives jusqu’à les généraliser dans la mondialisation-informationnalisation de la production, des échanges, des gestions, des politiques nationales et mondiales, des spéculations financières elles aussi mondialisées, liées au système.

 

C’est, contradictoirement sinon paradoxalement en s’appuyant sur le développement des forces productrices dominées par une classe exploiteuse, et sur les besoins en consommateurs du marché, que la classe ouvrière productrice, et les autres couches dominées (2) dans le système, ont pu par leurs luttes s’approprier une part des nouvelles capacités productrices humaines.

 

Sur le plan des mentalités, cette révolution économico-politique a eu un double effet :

 

(a)  Une émancipation de croyances figées à travers les siècles, une avancée générales de connaissances nouvelles en développement, la capacité, à l’image de la bourgeoisie de s’organiser individuellement dans sa vie et dans les limites imposées par le système évidemment.

 

(b)  Mais cette émancipation a son revers de médaille. Au fur et à mesure que les forces productrices et le système productif de plus-value se développent, c’est l’organisation en commun du travail producteur des biens nécessaires à la vie humaine, sa parcellisation et surtout l’écart croissant entre l’organisation collective croissante et l’autonomie relative croissante entre les individus dans leurs poste de travail (3) qui se développent.

 

Dans ce double mouvement de parcellisation et de commun, c’est le commun qui disparaît relativement, objectivement et subjectivement, malgré et à cause de leur croissance respective (c’est le sens de l’adverbe « relativement » de cette phrase). Cette disparition relative connaît une accélération liée au paroxysme du développement des lois du système, leur rigidification-dissolution (4) dans le développement accéléré et terminal du système.

 

Le double mouvement créateur-destructeur de commun, de commun objectif et subjectif, issu des contradictions du système social, est à la fois lourd de menaces des incapacités à surmonter les contradictions et de les résoudre, ET porteur d’espoir de transformation du système dans un système nouveau surmontant ces contradictions, par l’action des victimes du paroxysme du système.

 

J’en finis, à l’instar de Berlinguer, par là : il s’agit de passer, objectivement et subjectivement de la démocratie restreinte, dont nous défendons toutes les avancées, malgré leurs limites, à la démocratie de l’homme producteur des biens « matériels et moraux dans leur unité » nécessaires à l’humanité, du « que, quoi et comment produire », du "produire commun" (5).

 

Cette dichotomie du travail n’empêche pas le travailleur d’exister en tant que producteur de valeurs d’usages, en tant que création d’activité humaine auto-créatrice d’humanité (6), mais induit un type de maladie de la production qui est propre au système capitaliste. Maladie qui ressemble à celle de l’Empire Romain à un niveau supérieur de développement objectif et subjectif des forces productrices et de leur rapport écologique au monde.

 

Pierre Assante, lundi 16 février 2015

 

(*) Producteur en tant de créateur de produits, productifs en tant que créateur de plus value.

 

(1) L’accumulation du capital par la plus value (partie non payé au travail humain transformateur-créateur de produits), dans l’échange « Argent-Marchandise-Argent plus ».

 

(2) Ouvriers, employés, enseignants et chercheurs, petits paysans propriétaires, petites professions libérales, petits commerçants…bloc historique au sens gramscien et non à son sens dévoyé fourre-tout...).

 

(3) Poste de travail ouvrier dans l’industrie informationnalisée et mondialisée en premier lieu, mais aussi dans la gestion, l’échange, la recherche, même si paradoxalement, mais « naturellement » il  a un double mouvement d’autonomie et de commun…

 

(4) Rigidification-dissolution inhérente à toute transition d’un système social à un autre, transition dans laquelle co-habitent puissamment l’ancien et le nouveau.

 

(5) La recherche paradoxale du commun en dehors du travail, dans les rapports festifs par exemple, etc., ce qui est agréable et utile en soi et pour soi, outre la parcellisation-séparation du travailleur, reflète l’indifférence du capital vis-à-vis de la valeur d’usage, c'est-à-dire, peu importe pour ce capital ce que l’on fait concrètement de son cerveau et de ses muscles, peu importe l’activité humaine, mais importe pour ce capital le profit qu’on en tire en matière d’accumulation de capital.

 

(6) Yves Schwartz en fait la démonstration, dans « Expérience et connaissance du travail », entre autres de ses ouvrages, présenté dans ce blog à plusieurs reprises 

 

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Sur le blog de l'Elue M.F. Palloix: https://corvasce.wordpress.com/2015/02/15/une-nouvelle-politique/

 

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 09:00

L'indifférence

Soigner les effets peut-il guérir les causes ?

Nous sommes, dans la pensée, dans un moment d'inversion totale des causes et des effets

 

Lisant les auteurs et journalistes "médiatiques", je me dis que décidément nous sommes, dans la pensée, dans un moment d'inversion totale des causes et des effets. Et l'abstraction numérique et sa conquête des espaces d'échange, n'est pas responsable de cette inversion, mais l'amplifie incroyablement.

 

Soigner les effets peut-il guérir les causes ? Cela y contribue ou plutôt cela peut conduire aux causes, à condition de ne pas s'arrêter en route...de la logique restreinte à la dialectique.

Pour moi il est évident que c'est sur l'échange A-M-A' (1) que repose essentiellement l'inversion, même s'il est évident pour moi aussi que l'observation "naturelle" conduit plus facilement aux effets qu'aux causes.

 

Soigner les effets peut-il guérir les causes ? C'est ce que font les mouvements et-ou partis ici et ailleurs dans le monde, qui contestent à divers degrés et dans divers champs, et même sur le "champ global", le système et ses effets. Mais nous sommes encore loin de traiter les causes convenablement, même de la part des communistes (ou du moins certains communistes) qui pourtant ne sont pas les moins bons en ce domaine.

Car il ne fait pas bon d'être « hors sujet du moment » vis à vis de camarades, pourtant excellents militants, qui prétendaient y être constamment, dans le sujet, confondant mise en commun de l'action et tirer dans le même sens pour être efficace d'une part, et agir en continuant d'observer pour comprendre notre action "en miroir", la complexifier opérationnellement et l'améliorer d'autre part...

 

« Faute » de ne pas se limiter aux effets, mais traiter les causes, à pour effet de s'en trouver relativement handicapé médiatiquement, ce qui n'est pas grave mais qui est dommage, et ne lève en rien l’utilité de la réflexion et de la recherche anticipatrices dans un processus humain en santé.

 

Après les Forum régionaux et mondiaux en lien avec la recherche et les luttes locales, la montée de mouvements pour un pouvoir anti-austérité (2) constitue sans doute une deuxième étape d’importance. Elle appelle à une autre « répartition des richesses » mais aussi à la question de fond qui permet la production des biens nécessaires à la vie humaine en processus : le travail, la production et sa désaliénation.

A l’objectif d’une démocratie du producteur, du « que, quoi, comment produire », répondent la question économique et la question ergologique (3).

 

Pierre Assante, Vendredi 30 janvier 2015

 

(1) Argent-Marchandise-Argent plus.

(2) Il ne s’agit pas seulement de la Grèce ou de l’Espagne. Si l’on croit cela c’est oublier par exemple et entre autres le rôle joué par le PCF, certains de ses animateurs, pour la constitution du Parti De la Gauche Européenne dont Syriza et Podemos font partie, entre autres, ainsi que l’effort de la commission économique du PCF (ComEco) pour travailler avec le mouvement populaire à des propositions économiques ouvrant la voie en santé à la question de la production, donc de l’emploi etc., et d’une autre organisation ergologique et politique du travail.

 

(3) Ergologie : rapidement, c’est la recherche consistant en l’observation et théorisation du travail, à la fois de la personne par elle-même et dans un collectif, de l’entité locale d’organisation de production au sens large (même si la production de bien dits matériels stricto sensu a son rôle de base de la production générale), et de la société (Activité Tripolaire, concept de synthèse du Professeur Yves Schwartz), pour libérer les forces productives en libérant la personne ; et créer les conditions de répondre aux besoins humains en complexification et en processus de travail de production, de l’auto-création de l’humain par lui-même.

 

Voir aussi le recueil "L'indifférence" sur ce blog sur le rapport entre le mode d'échange et les mentalités.

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 06:04

Après le 11 septembre 2001, questions posées.

 

Après le 7 janvier 2015, questions reposées.


Copie de 100 1686Construction du devenir

Epître aux citoyens

ESSAI, OCTOBRE 2001

 

à René Merle

 

…et si la dialectique doit finir  par « rentrer dans les têtes », c’est bien parce qu’elle se manifeste, aussi et avant tout, en tant que mouvement objectif, entraînante comme l’histoire et instructive comme un fait.

 (Marx, une critique de la philosophie)

 Isabelle Garo.

 

Le nettoyage philosophique de la religion catholique n’a jamais été fait. Pour le faire, il faudrait être dedans et dehors », « l’attention absolument sans mélange est prière »

 (La pesanteur et la grâce)

 Simone Weil

 

On ne répond à une crise de civilisation que par une refondation de civilisation. Et ça passe par les IDEES de refondation de civilisation.

Les citoyens sont moins absurdes que les raisonnements politiques qu’on fait sur eux.

Ils s’abstiennent, se « désintéressent » de la démocratie parce que leur intuition leur dit que la « solution » n’est pas dans les débats politiques sectoriels, qu’ils voient comme des matchs de boxe, qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite.

Les mesures sociales que nous proposons, fondamentales, seront entendues dans la mesure où elles s’insèrent dans une visée qui les rendent lisibles. Elles sont un peu mieux perçues exprimées pas les syndicats qui n’ont pas atteint de même degré d’usure que les formations politiques.

Dans le débat sur la « mondialisation » se développe l’idée d’une refondation de civilisation, c’est ce qui en fait son succès. Mais ce débat tournera court si cette refondation, est seulement la refondation économique et non surtout la refondation philosophique.

P.A. 20.02.02

 

Introduction

 

Questionner, c’est déjà répondre, car dans la question, il y a l’intuition et la connaissance.

 

Et répondre c’est déjà dogmatiser. Mais la réponse, il la faut, et nous allons y travailler.

 

Si nous devons rebâtir l’ensemble, (pour les réponses), nous dirons ce qui nous semble le plus important : l’alliance de l’instant infini et de l’instant devenir.

 

Cette  alliance dépasse le concept de dieu et dépasse le concept matérialiste « traditionnels ».

 

C’est un concept d’humanisme marxiste, car nous ne partageons pas l’idée d’anti-humanisme théorique,  celui-ci nous semblant un concept de passage nécessaire de l’humanisme idéaliste à l’humanisme marxiste.

 

De plus, tant que l’anti-humanisme théorique n’est pas dépassé, il peut être plus dangereux que l’humanisme idéaliste.

 

Origine et développement du monothéisme. Du surproduit à la société de classe. Monarchie, patriarcat, société marchande et démocratie restreinte.

 

Le monothéisme se développe dans les même conditions générales que la monarchie. Ils sont issus tous deux de l’éloignement du pouvoir par rapport à la population, au groupe d’individu. Sa représentation devient abstraite, le mythe du chef s’identifie au mythe du père de la société patriarcale.

La société patriarcale elle-même répondra aux besoins du moment en matière d’organisation de la production et à l’intérieur de la production, de l’organisation militaire etc.

Le surproduit permet ces phénomènes sociaux. L’appropriation de cette production supplémentaire au besoin de survie d’un individu va dégager les moyens pour qu’un groupe restreint se constitue en classe privilégiée, que de superstructures instituant et perpétuant leur domination naissent.

Les opinions divergent sur le fondement de la religion. Mais la nouvelle organisation sociale crée les conditions pour qu’un monothéisme existe. Sur les fondements nous y reviendrons.

Le chef de clan est devenu un exécuteur des ordres venus « d’en haut ». Le surproduit permet l’accumulation, l’échange marchand peut se développer. En fonction d’autres données, la société marchande et esclavagiste pourra passer de la monarchie à la démocratie restreinte, celle d’un groupe privilégié.

 

Monothéisme et organisation sociale (matérielle et spirituelle).

 

Outre les conditions générales, des sous-conditions peuvent faciliter la naissance et le développement du monothéisme. La société israélite réunit certaines conditions particulières. Ont-elles été déterminantes ? Peuples de pasteurs puis aussi d’agriculteurs, ils ont subi diverses influences. Influences phénicienne, égyptienne, syrienne, arabe …Ils connaissent une évolution de leur organisation sociale à travers l’institution de royaumes instables. Leur puissance ne s’établit jamais durablement, ni leur unité.

 Mais au moment de leur unité, ils réunissent l’expérience de la monarchique et militaire de l’Egypte, ils sont libérés en partie des cultes polythéistes qui pour eux n’ont pas les structures de la stabilité qui peut exister ailleurs.

La défense de la communauté va donc pouvoir se concrétiser autour d’un seul dieu et déjà poser la question de la conviction dépassant la seule loi.

Ainsi les conditions matérielles de la constitution de ces sociétés déterminent la loi et la pensée nécessaire à la survie du groupe. Elles les déterminent non seulement instinctivement, comme dans la communauté primitive, mais aussi formulée abstraitement, ce qui est un progrès fondamental dans les conditions de reproduction matérielle et idéologique de la société.

 

Christianisme et pensée grecque.

 

La pensée grecque va être présente tôt dans la société israélite. Tout d’abord parce que la société grecque n’est pas étroitement grecque. Elle est en gestation dans toute la Méditerranée, de par le début de l’accumulation, de développement du commerce et d’une pré-bourgeoisie marchande et esclavagiste. Mais aussi parce qu’en se développant grâce aux échanges maritimes favorisés initialement et géographiquement par l’essaimement insulaire, elle va fournir les prémisses d’une bourgeoisie dont l’influence va en retour gagner le bassin méditerranéen, l’Asie mineure.

C’est sous les féodaux agrariens que naît le poème Homérique, mais c’est à partir du V° siècle qu’apparaissent les dramaturges et les philosophes atomistes, et avec les conquêtes d’Alexandre le Grand que se répandent l’Eléatisme, le Platonisme et que débute la conquête hégémonique de l ‘Aristotélisme.

Le christianisme va apparaître au moment de la plus grande influence de cette classe sociale marchande propre à la Grèce, groupe social précurseur mais éphémère, minoritaire mais rayonnant par toutes les ramifications qu’il a crée et qui vont perdurer à travers les siècles.

La démocratie restreinte tant socialement que géographiquement va pouvoir se marier à la pensée abstraite juive.

 

Développement de la démocratie antique restreinte  et libre arbitre

 

Quel est l’apport grec à ce mariage ?

La structure sociale démocratique restreinte se développe d’autant plus facilement qu’elle est restreinte, justement. Et qu’elle va connaître un taux d’accumulation rapidement exceptionnel dans les conditions d’héritage social et culturel de la Grèce pré-marchande.

Quelques milliers d’hommes vont élaborer en un temps record -un siècle- le contrat nécessaire pour pouvoir modifier en permanence les règles du jeu qui garantisse l’intérêt de son groupe à chaque moment mouvant du commerce, que ce soit en temps de paix, en temps de guerre, en temps de crise comme en temps de développement etc.

Au respect de la loi va donc s’adjoindre la capacité concrète et juridique de l’initiative individuelle s’intégrant à l’initiative collective : la légalisation du libre arbitre.

 

Atomisme, Eléatisme et Christianisme.

 

Ce libre arbitre va d’autant se développer que la Grèce ne connaît pas de pouvoir monarchique centralisé, que les marchands ont besoin d’une alliance avec les artisans contre l’aristocratie terrienne, et que cet équilibre instable des forces contraint chacun à tenir compte de l’autre.

Le surproduit confisqué par les classes privilégiées va permettre de faire naître en leur sein une catégorie d’individus pouvant se spécialiser dans « l’activité de  penser ».

Et, étant issu de ces classes, leur mode de pensée sera celui de ces classes. La différence entre le scribe égyptien et le philosophe grec tient à l’hégémonie de la classe marchande issue des conditions globale de la société grecque.

Ils sont les prototypes de nos intellectuels, qui eux aussi connaissent des conditions de consommation du surproduit privilégiées.

Heureusement, car sans cela, l’humanité n’aurait pas connu le développement quelle a connu. Mais sans doute, maintenant, il faudrait que cela change.

Là où les choses se compliquent encore plus, c’est quand la société antique oscille entre l’idéologie des propriétaires terriens grecs et celle des marchands alliés aux artisans.

J.J. GOBLOT a bien montré, dans sa préface au Prométhée Enchaîné, l’évolution du mythe de Prométhée Lors de la montée de la classe marchande, le vol du feu pour les hommes par Prométhée était à la foi admiré et apeurant, alors que ce mythe évolue sur l’unique peur par la suite ( résumé schématique d’un volumineux exposé).

Le christianisme va donc hériter de la révolte, de la révolution sociale.

Mais aussi de la culture du moment infime, moment qui cristallise l’esprit d’un individu dans une société et des conditions données, de plus dans des conditions sinon éternelles, du moins de l’ordre de l’universel.

Les atomistes répondant plutôt à une philosophie du devenir, les Eléates au culte de l’instant infini, Epicure faisant la charnière, Socrate et Platon immobilisant l’acquis, Aristote codifiant l’acquis.

 

Egoïsme, angoisse, comme sentiment de défense et sentiment moteur, liés à   éléatisme et atomisme.

 

Nos biologistes modernes ont retrouvé dans les être monocellulaire les ancêtres des hormones qui déterminent nos sensations de peur, de joie ne faisons pas une liste.

La vie n’existe que parce qu’elle possède les éléments nécessaires à sa non-destruction par le milieu extérieur ou par elle-même, ce qui se confond parfois, tout dépend de l’échelle considérée.

Elle a besoin d’un stimulus pour réagir aux changements, donc s’y adapter, donc changer elle-même.

Elle a besoin de fortifier ce qu’elle a crée pour faire face aux changements à venir.
Et il y a besoin de fortifications permanentes et de réactions permanentes.

Si bien que l’on assiste à une immobilité permanente apparente et à un mouvement permanent apparent.

On pourrait craindre de tomber dans le paradoxe de Zénon si depuis on n’avait pas connu les Quanta et la loi de la thermodynamique de Prigogine.

Heureusement, il nous reste l’évidence des deux sentiments : sentiment d’égoïsme, qui nous permet de nous isoler du milieu extérieur pour se défendre et sentiment d’angoisse qui nous permet de faire l’effort de changer, toujours pour ne pas être détruits par le milieu extérieur.

J’ai dit sentiment et non sensation. Parce qu’une sensation peut avoir une autonomie par rapport à ce qui la provoque, alors qu’un sentiment est de par essence de l’autonomie par rapport à ce qui l’a provoqué, et par cela est spécifiquement humain, dans l’ensemble de la nature que nous connaissons.

La bataille entre Eleatisme et Atomisme n’est donc pas fortuite.

Mais le choix entre la forteresse assiégée et la bataille mobile est un choix réel, qui peut constituer une « majorité idéologique permanente » sur un laps de temps historique.

Là où la chose se corse, c’est quand l’unité de la vie est regardée par le petit bout de la lorgnette, ce qui n’est pas que l’apanage des Éléates.

 

Béatitude et immobilisme.

 

Qui peut nier ce sentiment de bonheur que l’être humain éprouve en « perpétuant » la sensation de la beauté, ce qu’on peut définir par la béatitude.

Est-ce cultiver l’immobilisme ? oui et non.

Non car une chose n’existe qu’en mouvement, même lorsqu’il y a apparence d’immobilité.

Oui car pendant qu’on cultive cette chose devenue autonome pour soi ou pour le groupe, la vie dans son ensemble va son train.

A un moment, cette culture va s’opposer au mouvement d’ensemble de la vie, et si elle gagne, elle bloquera tout, c’est à dire fera tout mourir. Sinon elle sera culbutée et permettra ainsi à la vie de se perpétuer.

Mais il n’est pas possible d’en demeurer à cela. La béatitude n’est pas seulement une chose à culbuter, elle a un rôle, un contenu, une essence inséparable de l’essence de la vie, sans laquelle la vie n’existerait pas. La vie est une unité de contraires.

 

Passion et philosophie du devenir.

 

De même, la philosophie du devenir n’est pas un objet inerte, et si elle donne cette apparence, ce ne peut être qu’une apparence. Et si ce n’est qu’une apparence, ce n’est pas une philosophie du devenir.

Ca peut être un stalinisme, un structuralisme moins méchant, je ne sais quoi encore.

Comme la béatitude est une passion (paradoxe apparent), la philosophie du devenir est bien sous-tendue par une passion violente, à tel point que cette violence, équivalente quelquefois à un excès d’angoisse peut détruire la philosophie du devenir et la transformer en dogme, la faire vieillir prématurément.

C’est bien ce qui est arrivé quand est apparu l’éléatisme.

La démocratie restreinte grecque était arrivée momentanément au bout de son développement et régressait, dépassée par une transformation du mode de production à laquelle elle n’était plus adaptée.

 

De la philosophie du devenir à la construction du devenir.

 

La philosophie du devenir est adaptée aux mutations du monde dans le cadre d’une évolution d’un type donné d’organisation sociale, à différentes étapes de cette organisation sociale, mais en aucun cas ne correspond universellement à l’étape de développement d’un système non marchand.

Comparant la situation de l’intellectuel dans une société de privilèges, la philosophie du devenir est attachée à cette société de privilèges.

 

Au-delà de la philosophie du devenir, c’est de la construction du devenir qu’il est question, construction qui ne réclame pas moins de savoir, pas moins d’effort personnel et collectif, mais une démocratisation universelle, élargie du savoir, de  l’initiative, de la création.

 

Dépasser la passion, dépasser la béatitude, identification de la passion et de la béatitude, unité de l’amour, condition matérielle de la naissance de l’amour.

 

Oui, car c’est bien d’amour dont il est question.

L’héritage biologique humain comporte (de comportement) l’héritage de la solidarité, de la violence etc.

Le développement culturel de l’humanité a donné une autre qualité à ces comportements.

Chaque fois qu’il y a un recul de civilisation, c’est la qualité de ces comportements qui recule et vice-versa.

De même que « la faim » évolue culturellement en « le goût » (la culture du goût), aimer biologiquement une chose a donné l’amour (la culture du goût) de la chose.

La chose vous devient indispensable alors que vous n’en avez plus besoin (mais attention à l’excès d’angoisse !).

Nous en revenons encore à la question de l’autonomie du sentiment par rapport à ce qui l’a crée.

Je ne voudrais pas qu’il y ait confusion sur le mot « chose ». Alors je reviens au mot adapté : l’objet. Un objet pouvant être apparemment unique, faisant partie d’un ensemble, étant un ensemble, tout cela étant relatif.

 

Revenant sur l’unité béatitude/passion, comme unité des contraires et non-égalité du terme.

 

Constitution matérielle de la pensée. Complexité de l’héritage biologique et culturel. De la chimie à la pensée. Complexité de la représentation de la connaissance.

 

Je ne reviens pas, par contre sur les hormones, comparaison n’étant pas généralisation.

De tous ces courants qui traversent sans cesse mon cerveau, je fais, je constitue ma personne, sans cesse la même et sans cesse différente, croyant pourtant, dans la représentation dominante de la connaissance avoir à faire toujours à la personne constituée par mon état civil.

Si l’on tient compte de la complexité d’un individu, et si l’on imagine que la société, ses lois, l’idée que chacun s’en fait est la relation complexe de toutes ces complexités, il n’est pas étonnant que certains refusent une explication purement rationnelle de la réalité, de la nécessité, des possibilités d’une part, et des choix possibles et voulus qui en découlent d’autre part.

 

Inconnu, rationalité et intuition. Convergence possible de l’athée et du croyant à partir d’une convergence de la représentation de la connaissance.

 

Il est donc non seulement acceptable intellectuellement mais incontournable pratiquement (que cette pratique soit considérée comme simple ou complexe) de reconnaître le rôle de l’intuition dans nos actions, décidées ou spontanées, conscientes ou non.

 

Autonomie de l’amour et amour moteur.

 

Et c’est là qu’intervient l’amour comme moteur (attention à l’angoisse excessive !)

Il ouvre. Il fait sortir de la forteresse assiégée. Il empêche la mort. La mort physique !

Ca ne vous rappelle rien, tout ça ?

 

Christianisme et intégration contradictoire de l’instant infini et le l’instant devenir.

 

La revendication chrétienne de l’amour comporte une contradiction : il revendique la loi et rien que la loi (que l’on rende à César ce qui est à César). Mais il l’adoucit (que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre).

Ceci au nom de l’amour. Et aussi au nom du père (patriarcat). Mais quel humain peut nier aussi le rôle paternel, au sens psychanalytique (par exemple).

Et quand se confondent le rôle du patriarcat (société dépassée, ne correspondant pas ou plus au mode de production), et notion et réalité du rôle paternel,  cette confusion –(entre autres)- aide-t-elle à comprendre ?

Comprendre au sens rationnel, comme au sens sentimental, dans toute l’autonomie du sentiment.

Peut-on poser la question de l’unité contradictoire, « intuitive » mais  réelle de l’essence du christianisme ou devons-nous nous considérer comme d’affreux éléates en disant cela ?

 

Le christianisme réalise-t-il l’unité de l’instant infini et de l’instant devenir, et donc, au-delà de l’héritage humain que constitue le passé humain, doit-on le considérer comme un héritage non à détruire mais à dépasser ?

 

Hégémonie idéologique du christianisme sur l’atomisme et l’éleatisme original parce que répondant plus au questionnement  devenir / devenir proche.

 

Revenons un peu en arrière.

Ne répondant pas à la question précédente, constatons quand même que le christianisme traverse plusieurs millénaires de société marchande, avec des retours aux sources chaque fois que le mode de production réclame plus d’initiative des producteurs :

pré-renaissance des marchands du moyen âge (San Francesco)

renaissance (protestantisme)

 

Avec chaque fois le double comportement du protestantisme (au sens de protester) de Jésus chassant les marchands du temple :

retour au passé (rejet de la consommation)

critique mais non-rejet de la loi marchande (valorisation des pauvres)

 

L’atomisme répond aux questions sociales du moment, il envisage un avenir non concrétisé, un avenir « idée », une idée de l’avenir sans autonomie.

L’éléatisme répond aux questions du moment, il n’envisage qu’un avenir immédiat.

Le christianisme pose intuitivement la question du moment et rend la recherche de l’avenir universelle.

Mais en se dogmatisant, en s’institutionnalisant, il fait éclater son unité, il ne garde une permanence qu’en faisant un aller-retour entre son moment création et son moment institution.

 

Exemple de la trinité : dans son instant infini comme dans son instant devenir, l’homme individu adhère à l’universel (dieu, le père), au particulier donc soi-même (le fils), la pensée universelle, l’acquis historique humain (le saint esprit).

 

C’est là que la représentation se dogmatise.

Il serait d’ailleurs intéressant de rechercher plus en détail comment se constitue cette abstraction, à quel moment de l’antiquité, puis de la féodalité elle se précise, comment elle prend le dessus sur la diversité des autres expressions religieuses.

Pourtant elle revêt un contenu de grand intérêt et ce n’est pas sa dogmatisation qui devrait nous la faire rejeter, comme l’on jetterait le bébé avec l’eau sale.

 

De l’abstraction au mythe.

 

L’explication ou une des explications de son chemin jusqu’à sa dogmatisation, c’est son passage de l’abstraction au mythe.

Le passage au mythe est un phénomène humain qui n’est dépassé que quand il y a prise de conscience de ce passage.

Il est facile après que le mythe se fossilise. L’intérêt des classes privilégiées dominantes, est bien de conserver une notion, un concept pour pouvoir le ressortir de la naphtaline chaque fois qu’un besoin d’alliance le rend universel, donc opérant pour elles

 

L’héritage égyptien. Israël, Egypte et moyen orient, de la concentration du pouvoir à l’abstraction du pouvoir, du polythéisme au monothéisme, culte du soleil et naissance de l’ancien testament, pesanteur bloquantes des superstructures égyptiennes, le roi-dieu.

 

Malgré ce roi-dieu, il n’y a eu que des passages furtifs au monothéisme chez les Egyptiens.

On peut imaginer que le poids des superstructures, installées rigidement depuis des millénaires a empêché ce passage.

A contrario, le passage rapide à une démocratie restreinte à maintenu le polythéisme chez les Grecs, bien que cette façon de voir soit bien schématique et qu’il cohabite, dans une société, aux côtés d’une représentation « majoritaire », avec la diversité des représentations, les résidus des anciennes représentations, les embryons des nouvelles, les nouvelles ne naissant pas de rien.

 

Créations aux périphéries.

 

La situation israélite peut aussi confirmer le rôle des périphéries, des résidus, comme éléments constitutifs de la création.

 

L’organisation sociale et la loi (ancien testament et Coran), le libre arbitre et l’initiative individuelle, la foi ( nouveau testament).

 

Sortant du communisme primitif et passant par le patriarcat, la conscience de la nécessité de règles de fonctionnement pour chacun et pour la communauté donne naissance, non à la loi libre, mais à la loi aliénante

C’est le stade de développement des tribus de Juda et du Nord. Est-il celui des tribus arabes à la naissance de l’Islam ?

 

Il n’y a rien de péjoratif à cette considération, chaque conception humaine prenant sa propre autonomie, elle-même en liaison avec l’autonomie de l’individu.

Après, les choix correspondent à la représentation que chacun se fait de la chose, chacun ayant le droit et la nécessité de se faire sa propre représentation.

 

Heureusement et malheureusement, ces représentations sont en compétition, l’autonomie comportant ces deux aspects contradictoires : coopération et affrontement.

 

C’est là qu’intervient la nécessité, non de la tolérance, mais du dialogue et de cette vertu (pour moi chrétienne, mais pour d’autre peut-être pas, y compris pour de nombreux se réclamant du matérialisme) qu’est l’amour comme lumière, l’amour pour voir.

 

Comme nous l’avons déjà développé, à partir du moment où le christianisme intègre le libre arbitre de la démocratie restreinte, il accède à ce statut, me semble-t-il !

 

Illustration par le nouveau testament en particulier les épîtres.

 

Paul, Saint Paul pour les « pratiquants » insiste sur le fait que ce n’est pas parmi les Juifs mais parmi les païens qu’il développera le christianisme. En fait, il affirme que pour dépasser un concept, il faut le vouloir, mais il faut aussi créer les conditions matérielles qui imposent de sortir du milieu matériel qui a construit l’ancienne réalité. En même temps, il accepte la « loi » judaïque car il sait très bien que le terreau originel ne peut être jeté.

Une construction idéologique n’étant pas de raser le passé mais de construire par-dessus, comme une maison est l’accumulation des connaissances architecturales depuis l’origine.

Ses recommandations d’ordre moral reprennent tous les impératifs de l’ordre patriarcal.

Mais, des païens (les Grecs), il dit : ils ne connaissent pas la loi mais ils l’ont dans le cœur. Nous avons été affranchis de la loi, notre loi est celle de l’esprit et non la lettre.

L’Epître de Jacques sur la richesse en dit long déjà sur les contradictions qui agitent dès cette époque, et sans doute dès l’origine, la société marchande.

Quelles qu’aient été les réécritures, les interprétations tardives, il nous faut prendre en compte ces données.

 

De la création à l’institutionnalisation. De Paul à Constantin. Comment la création résiste à l’institutionnalisation ? L’adéquation au système marchand en développement, ce que le système marchand porte en matière de développement humain, limites du système.

 

Les considérations précédentes en disent assez sur ces aspects, y compris les recommandations de Paul ou de son ou ses équivalents qui n’ont pas été respectées par l’institution.

 

Mais en même temps, ce que nous transmettent les religions et le christianisme nous donne des clés universelles pour un dépassement de la société marchande et la construction (pas l’élévation subite et miraculeuse) d’une société d’échange du travail.

 

Le christianisme philosophique, le christianisme militant, la poésie intime et la poésie épique du christianisme.

 

La réalité créative de religions est attestée par la splendeur de leurs poésies.

Poésie Homérique, poésie Biblique etc.

La créativité grecque est celle de l’origine de la démocratie. Il y a encore unité de la création scientifique et philosophique.

La religion grecque me paraît moins aliénante, d’ailleurs, elle n’exige pas l’obéissance aux dieux,  et souvent on ne leur obéit pas, à ses risques et périls.

 

Mais ce n’est pas parce qu’une idéologie est aliénante qu’elle n’est pas un progrès.

Le capitalisme accentue l ‘aliénation, puisqu’il augmente l’écart entre l’aspiration de l’être humain et le moyen de l’atteindre, alors que le développement des sciences et techniques lui ouvrent des possibilités gigantesques. Et pourtant il offre plus de possibles à l ‘être humain (donc de services, de connaissance, de culture…).

Si nous pouvons échanger ces idées, celles du christianisme, celles de Marx, avoir une vision plus globale de notre planète, y compris de sa diversité, c’est grâce au capitalisme, aux moyens matériels qu’il nous donne de la faire (nourriture, transports, logement, instruments scientifique, temps d’étude, temps de méditation….) .

 

Quels formidables militants pacifiques que ces « inventeurs » du christianisme !

Lisez leurs « aventures » et réfléchissez-y.

 

Le christianisme a aiguisé des contradictions qui ont fait exploser les capacités d’innovations humaines, et ce n’est pas un hasard s’il a accompagné les sociétés marchandes les plus développées jusqu’à ce jour.

 

Le moteur progressiste du rationalisme, l’interrogation humaine, l’institutionnalisation du rationalisme.

 

A contrario, le rationalisme, dont je me réclame (aussi) a pu s’instituer comme un dogme, et ce n’est pas un moindre danger.

Le rationalisme ne doit pas être, paradoxalement, un prétexte pour amoindrir, atténuer les interrogations.

Les intégrismes musèlent les interrogations. Les Musulmans progressistes revendiquent haut et fort, avec courage et dignité, et d’autres avec eux, de combler de déficit interne que connaît l’Islam par rapport à sa période de rayonnement intellectuel, de son fait propre, mais aussi du fait de la domination impérialiste (et chrétienne intégriste ! , et stalinienne !).

 

Un croyant peut se réclamer d’un rationalisme non intégriste, d’un rationalisme du retour aux sources, celle des atomistes, de Diderot, de Marx, de l'interrogation passion, ouverte et amoureuse.

 

Bifurcation, sclérose, régression ? Quel possible social, quelle forme idéologique de dépassement ?

 

Les interrogations auxquelles nous avons essayé d’enrichir le contenu nous ouvrent la voie.

A chaque moment il nous faut choisir entre plusieurs chemins, individuellement, ce qui donne ou non un chemin collectif.

Tous les chemins ne mènent pas quelque part, au sens de la part que nous aimons.

Par rapport au sens (signification) de la part que nous aimons, ils peuvent retourner en arrière, non dans le sens (signification) du temps qui, lui, a une flèche, et qui donc ne se répète pas, mais dans le sens (direction) de ce que nous n’aimons pas.

 

Les pistes sont tracées par des chercheurs, des associations spécialisées, mais surtout par tous les rapports que nous tissons (ce sont les peuple qui font l’histoire), et que nous ne pouvons tisser sans amour.

Comprenons bien, il ne s’agit pas de cet amour représentation isolé de tout. L’autonomie n’est pas une construction furtive. Un élément, un corpuscule n’est pas le tout, nous pensons l’avoir pensé assez fort précédemment.

L’amour aussi est une construction, mais pas une brique. C’est l’élément durable qui lie le tout.

 

La société non marchande a commencé de se construire, pas la peine de vous le dire. C’est une question de générations, mais chaque moment de la construction est un bonheur, un instant infini de l'instant devenir.

 

Du christianisme patriarcal à la théologie de la libération. L’humanisme marxiste au cœur de la construction du devenir. De la société marchande à la société de coopération, du monarchisme absolu ou relatif à la démocratie élargie ou générale.

 

Pensons-y ensemble, à partir de l’expérience de chacun.

 

Je suis marxiste et je relis Engels qui disait :  « j’en ai mare de cette confusion, et s’il y avait une revue [scientifique] qui ne soit pas l’organe d’un parti, je lui accorderai la préférence pour ne plus être exposé à des débats de congrès. Il n’y a pas, et je le regrette mais c’est ainsi, de forums démocratiques pour les travaux scientifiques »

 

Sans renier nos Eglises, faisons que nos congrès soient des forums démocratiques, car les « débats de congrès » confinant plus à la mimésis (restreinte) qu’à la praxis (générale) par défaut de poiésis sont le lot de chacun.

 

Notre comportement l’indique. L’on accorde plus d’importance aux morts des USA que du Rwanda.

Dire cela ce n’est pas ne pas honorer les New-Yorkais.

C’est ignorer les conditions nécessaires à notre propre bonheur.

 

Nous ne sortirons pas de la société marchande tant que nous serons réglés par des rapports de force militaires, d’état.

 

Mais comme cela change vite. Même si les obstacles sont bien là, menaçants (la vie est un combat !) . Seule l’ouverture du cœur ouvre l’esprit individuel et collectif. Ce n’est pas une considération « idéaliste ». La volonté humaine, sauf admettre que nous sommes tous réglés comme des montres, a son rôle à jouer

 

8 OCTOBRE 2001

Pierre ASSANTE

      Militant Syndicaliste

 

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:49

Article déjà publié sur ce blog le 17 janvier 2015


JAN10 010Humanisation, économie et sexualité, histoire réelle et représentation de l’histoire.

Production de normes.

Jugement de valeur.

"Le bien et le mal".

 

      « J’aimerais beaucoup partager ce que je vois,

mais je le vois seulement parce que ça m’a coûté de le voir,

et ce coût, il faut que les autres en fassent l’expérience.

Le chemin est à faire pour chacun. Malheureusement,

on ne peut amener l’autre à un degré de plus de vérité

s’il n’en a pas déjà le pressentiment ».

Christian Bobin

 

Ce qui est dit n’est jamais entendu tel que c’est dit :

une fois que l’on s’est persuadé de cela, on peut aller en paix dans le monde…..

 (L’éloignement du monde)

Christian Bobin

Sexualité

 

Dans le sado masochisme, il y a le paroxysme de la possession et de l’abandon sexuels du corps dans la jouissance sexuelle, de son origine biologique support de son développement culturel.

 

Considérer la chose comme marginale, c’est mutiler le lien entre constitution biologique et culturelle de l’humain ; au même titre que de ne pas mettre le travail, son évolution et sa complexification au centre de la formation de la pensée son évolution et sa complexification, est antihistorique, et brouille la vision de ce qui en retour de miroir nous permet d’être humain.

 

Economie

 

Le « bien » et le « mal » ne sont pas des choses en soi figées, mais des mouvements micro et macro dans l’histoire.

 

Dans le processus d’humanisation, de construction d’une société humaine, ils sont l’usage des normes antécédentes de la production antécédente d’une part et de l’utopie opérationnelle en construction de la production future d’autre part, en « fonctions autonomes » pourtant « simultanées ».

 

Il y a peut-être dans la « déconstruction » à la Derrida quelque chose de non accompli à la manière d’Onfray, c'est-à-dire quelque chose d’une négation sans résolution positive des contradictions dans le mouvement et l’unité des forces contraires qui l’animent ; négation qui conduit peut-être plus à la déstructuration à laquelle nous assistons de façon flagrante aujourd’hui qu’à la restructuration libérée, avec le « minimum » d’entrave, le minimum de contraintes naturelles et sociales.

 

En ce sens, il faudrait bien se représenter dans un même mouvement de forces contraires, le rôle producteur des crimes (ne pas inverser, mais mettre dans les deux sens ce en quoi le crime produit, au sens de la production humaine des biens et ce que la production des biens produit de crimes. Ca va comme ça ?), « du mal », de la maladie de la production, et du « bien », de la santé de la production tendant à l’humanisation considérée « pure », « directe », c'est-à-dire de la vie de la conscience de la nature sur elle-même.

 

Mais cette vision de chemin « pur », « direct », est une résurrection permanente de la vision religieuse. En quoi, elle ressuscite paradoxalement et contradictoirement l’opposition et le frein à sa motivation choisie : le chemin « le plus court » au progrès « matériel et moral ».

 

Il y a donc, contradictoirement, « du bien » et « du mal » dans la « sainteté » prise au sens large comme au sens étroit, ce qui peut conduire au moralisme stérile et réactionnaire, donc au « mal » en tant que production de normes relativement figées, frein au désir de sainteté positive.

 

La vision de chemin « pur », « direct », est le versant opposé de la même tendance à réduire le mouvement producteur, à réduire le mouvement créateur d’humanité, d’humanisation.

 

Dichotomie

 

Séparer économie et sexualité est un mouvement de la pensée qui transforme une vision concrète et la transforme en vision abstraite abstraite (doublé volontaire), qui fait du corps et du travail deux entités sans lien, donc plus qu’autonome alors qu’ils sont une unité parfaite (dire « unité parfaite » est une tautologie).

 

L’autonomie des mouvements entre eux (et non leur indépendance) est une réalité sans conteste possible pour moi, qui ne nie en rien l’unité du mouvement, celui du corps et de la pensée (La séparation des deux termes, reflet de leur séparation dans notre représentation est courante mais insensée), l’unité du corps-soi, ni ne nie l’unité de mouvement de la nature et des autonomies de mouvement, sur laquelle la physique, entre autre, recherche les solutions à ses limites et à son horizon en marche infinie, flèche et concentration du temps : autonomie et unité des actions et interaction des forces, des énergies du moment de leur existence.

 

Jugement de valeur.

 

Il n’y a jugement de valeur qu’en fonction d’une production. Jugement de valeur d’échange marchand et jugement de valeur d’usage « matériel et moral dans leur unité » s’entremêlent dans notre vision, dans les rapports sociaux et dans la production humaine, dans la pratique humaine, l’activité.

 

Le jugement de valeur est inséparable de la constitution d’une entité humaine, des ses constituants c'est-à-dire de ses diverses et multiple entités, et des personnes qui les constituent. Jugements de valeurs dichotomisés existent certes, mais affaiblissent le mouvement de la pensée, la conscience de la nature sur elle-même que constituent l’humanité et les individus qui la constituent en autonomie et en unité, en croissance et transformation générationnelle.

 

Un jugement de valeur « éclaté » c’est en quelque sorte une force relativement in-opérationnelle,  relativement à contre sens du mouvement du progrès humain, c'est-à-dire relativement à contre sens de la qualité de sa croissance, au profit « malsain » d’une quantité malade de normes antécédentes en obsolescence, d’une quantité dont la croissance ne recherche pas une autre qualité de croissance.

 

Un effort permanent de constituer une unité du jugement de valeur dans l’unité des jugements de valeurs, c’est agrandir le miroir de nos actes qui nous permet d’être humains.

 

 

Pierre Assante, Samedi 17 janvier 2015

 

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 04:32

Copie de 10unnamedDIALECTIQUE, TERRORISME, DÉMOCRATIE VRAIE ET DÉMOCRATIE FORMELLE.

 

Pour résumer d’une façon ultra lapidaire ce qu’est la dialectique, c’est la capacité de voir les choses en mouvement, ou avec un mot un peu plus précis, en processus.

 

Il est clair que les « djihadistes radicaux» * ou ceux qui les inspirent et qu’ils suivent, ne voyaient pas les choses en mouvement, puisqu’en s’attaquant ainsi à Charlie Hebdo, ils ont fait le contraire de ce qu’ils voulaient faire, c’est à dire la plus la plus formidable promotion de Charlie Hebdo qu’on pouvait faire…

 

Il est clair que les « démocrates radicaux formels » ou ceux qui les inspirent et qu’ils suivent, ne voyaient pas les choses en mouvement, puisqu’en prônant l’appel à la guerre, chefs d’orchestre gouvernementaux en tête, contre les gouvernants de la Libye, de la Syrie, etc. ou en ouvrant des contre-feux aux révolutions dites arabes, et leurs espérances, ils ont ouvert la porte aux contras islamistes terroristes, là-bas et aujourd’hui ici…

 

La dialectique est la plus puissante arme contre toute régression économique, politique, sociale, culturelle et pour la paix et le développement humain.

 

Mais elle ne nait pas toute seule dans la tête des jeunes et des vieux. Comme tout savoir, elle a besoin de transmission sociale.

 

C’est ce que faisait par exemple Georges Politzer, le fusillé des Nazi, ce que ne peut plus faire librement l’école, et ce qu’ont étouffé 70 ans de société marchande, son mode d’échange "argent marchandise argent plus" à son paroxysme final, et ce que ne font plus suffisamment non plus les forces de transformations auxquelles j’adhère.

 

Se poser la question, n’est-ce pas y répondre ?

 

Un des maîtres d’école de mon père, dans le Panier à Marseille, avait composé et appris à ses élèves, tout de suite après la guerre de 1914-1918, une chanson qui disait : «  Notre plume nous sert d’épée et plus tard ce sera notre outil…Soyons les soldats de l’idée et non plus les guerriers à venir… ».

 

Certes la question de la crise économique demande dans cet effort de réflexion, des connaissances économiques qui nous font défaut et qui sont devenues dans champ de bataille de la crise qui s’accentue chaque jour et menace notre processus d’humanisation, l’outil en dernière instance parmi tous les savoirs et activités à développer.

 

Une révolution, de nos jours, c’est une démocratie de l’homme producteur, une démocratie du « que, quoi, comment produire » ** les biens nécessaires à notre vie.

 

Pierre Assante, Lundi 12 janvier 2015

 

* Je crois aussi qu'il ne faut pas confondre fascisme et barbarie, confusion très entretenue ces derniers temps. Simone Weil a, je crois,  une excellente définition et comparaison des deux choses. Pour ma part j'ai donné ma petite analyse sur le fascisme dans ce blog, partant de la réalité des forces productives et de leur relations avec les mentalités, non automatiques et diverses, évidemment.

 

** Terme utilisé par Enrico Berlinguer en 1971.

 

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 08:50

escalier contesse 2juin10 002

POUR ABORDER LA QUESTION DU  TRAVAIL

A PARTIR DE L’ACQUIS

                                  

 Lorsqu’on veut parler TRAVAIL, penser TRAVAIL, on ne peut pas ne pas avoir en arrière-plan les notions élémentaires d’évolution de l’activité humaine, de l’HOMO HABILIS à l’industrialisation sous la forme actuelle du capitalisme, informationnel, mondialisé. On ne peut pas ne pas faire le lien entre le travail, l’outil, les techniques et les « formes de pensée » induites.

Cet arrière plan permettant d’entrer dans l’étude micro et macro du travail ne peut non plus contourner la question de la production, de la distribution, de la consommation, c'est-à-dire la production en tant qu’échange et ses diverses formes vécues et possibles.

« L’introduction à la critique de l’économie politique »forme les prémisses à la rédaction du « CAPITAL » de Marx, qui vont se développer au livre I avec l’étude de la marchandise, de la valeur, puis de la révolution industrielle : libération du travail de la « force biologique », de « l’adresse de l’artisan », de « l’initiative de l’opérateur exécutant », avec ce que cela induit dans l’explosion des forces productive mais aussi de l’aliénation de l’homme producteur.

Enfin, la vision globalisée de Marx qui aboutit au livre III aux questions de la baisse tendancielle du taux de profit, la péréquation des salaires, prix, profits.            Puis Marx s’arrête où sa vie s’arrête.

Aussi je me permets, si vous le voulez bien de joindre au dossier sur le thème « société et travail », ce texte fondamental qui résume un peu la pensée marxienne, cette Introduction à la critique de l’économie politique, de 1857.

Amicalement à tous les participants.

 

Pierre Assante 5 août 2007

 

Sommaire.

A.  INTRODUCTION.

 

1º   La production en général.

2º   Rapport général entre production, distribution, échange et consommation.

3º   La méthode de l'économie politique.

 

4º   Moyens (forces) de production et rapports de production - rapports de production et rapports de circulation, etc.

 

LIRE

ici

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/08/km18570829.htm


 

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 08:03

Ces manuscrits de Marx marquent une étape importante dans une nouvelle, et sans doute très nécessaire vision en mouvement, économique, anthropologique, philosophique de l'existence humaine, pose des questions éminemment actuelles sur la religion, les sciences, nos actes quotidiens.

 

Certes ces manuscrits, relativement courts,  contiennent quelques moments difficiles et importants tels que les commentaires sur l'œuvre de Hegel, mais aussi des moments d'une grande simplicité et aussi importants dans une réflexion essentielle sur la simple et complexe humanité. 

Nous pouvons passer, directement ou pas à la science économique du Capital. Mais ne nous privons pas de lire et relire ces manuscrits pour nous en imprégner, car ils constituent une entrée majeure, un passage essentiel d'éclaircissement qu'il nous faut accomplir, je crois, comme Marx l'a accompli en son temps, non en prophéte mais en simple humain parmi les autres, pour passer aux "travaux pratiques" de transformation d'une société qui en a encore plus besoin qu'en son temps, crise économique et de civilisation actuelle en témoigne.

 

Pierre Assante, 26 décembre 2014

  

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 20:51

SEVE-MARX-III.jpgLucien Sève,

Penser avec Marx aujourd’hui, Tome III, « La philosophie ».

704 Pages. Editions La dispute, 40€

 

« Si l’on renonce à l’idée niaise

d’une pensée qui serait de la matière… »

page 482

 

Ce livre est encore un grand livre, ce dont nous a habitué Lucien Sève, pédagogue de premier ordre du mouvement communiste, acteur du mouvement de la société. Habitué n’est pas le mot juste, cela supposerait qu’il ne nous étonne plus, c'est-à-dire qu’il ne nous apprend plus, ce qui n’est pas le cas.

La multiplicité des sujets et champs philosophiques obligerait à donner ici le sommaire de l’ouvrage, d’une incroyable richesse.

 

Ceci ne veut pas dire que sa vision du monde et son action en mouvement doive trouver un décalque dans les multiples et infinies visions de ceux qui se sentent proche de sa vision. 

 

Je ne m’attarderai que sur deux réflexions miennes (c’est peu vis-à-vis de la richesse de l’ouvrage, mais il y a toujours des demandes de compréhension plus fortes que d’autres) qui m’interrogent et qui me demanderaient d’avoir un vrai cours personnel.

 

N’étant pas un philosophe de métier, je n’en possède pas tout le vocabulaire, ni la « forme propre » de pensée. Je m’exprime à partir d’exemples qui peuvent ou non préciser le sens de mon vocabulaire propre. Mais je pense que malgré toutes les définitions possibles il y a toujours un contenu personnel à un mot, aux phrases issues d’une biographie personnelle dans un contexte social personnel, à la fois commun et individuel, dans un  rapport social (Rapport social « naturel »  de production depuis le premier outil -1,7 millions d’années nous apprend-on -, et millénaire de classes sociales), commun et individuel.

 

Ce préambule n’a pour but que de tenter de donner justement un sens commun à la suite de cette réflexion.

 

1) D’une part la lecture de Georges Lukacs et de son ontologie de l’être social, pour moi, me parait unifier les concepts « d’essence minérale, essence biologique, essence psychologique-mentale » de l’humain. « Unité de trois essences dans l’humain, dans les rapports sociaux », en strates superposées, de la base minérale à la pensée. Et cela est d’importance pour prendre conscience de notre réalité dans la nature et d’une action en santé à mener sur le processus commun. Comprendre le monde pour le transformer. Volonté et nécessité en unité.

 

2) Pour ce qui est de « l’idéel » et du « matériel », le tout est de s’entendre le mieux possible sur le sens que chacun peut donner à ces termes.

 

Cette table sur laquelle je travaille est un mouvement de la nature. Les corpuscules qui la composent, la terre sur laquelle elle est posée etc. se meuvent. Il n’y a pas de mouvement sans matière ni de matière sans mouvement, c’est une unité, la condition d’existence de la nature, nous compris. (Lapalissade importante !)

 

La construction de concepts, de systèmes de concepts en processus n’est autre qu’un mouvement, bien sûr différent du mouvement de la table, corpusculaire en tout, social, scientifique, géographique etc., en particulier dans le mouvement corpusculaire. Si l’on doit refuser le terme de matière au mouvement électrique, chimique et somme toute, aussi corpusculaire de mon cerveau qui produit cette  construction de concepts, de systèmes de concepts en processus, il n’y a pas problème ou plutôt que problème d’intercompréhension, ce qui n’est pas rien évidemment ; le mieux étant d’utiliser les mots les plus appropriés pour transmettre ce que l‘on a besoin de transmettre, si tant est que cette réflexion-ci et mienne puisse constituer un besoin autre que le mien, autre qu’un besoin spéculatif; autre qu'une déadhérence (Au sens d'Yves Schwartz) (1) malsaine, une abstraction inopérante, une utopie in-partagée, dont doublement in-opérationnelle.

 

Un besoin autre que le mien ? : pour ma part ce besoin correspond à une réponse à la dichotomie pensée/corps à laquelle la religion (Je ne parle pas du besoin d’interrogation dit « existentiel » sur les limites de compréhension de la condition humaine) a habitué la société humaine, au-delà de l’affaiblissement de la pratique religieuse et sous une nouvelle forme du processus religieux, que la division et la parcellisation du travail exacerbée a renforcé; a renforcé contradictoirement au besoin en explosion d’un autre rapport de l'humain avec la nature, pour produire dans une situation en transformation et en « complexification-concentration-réduction-miniaturisation » (2) des "composants" « idéels et matériels des forces productives » dont nous faisons partie : besoin en explosion d’un autre rapport de l'humain avec l’humain et avec la nature -qu’il est-, pour produire dans une situation en transformation. Autre et nouveau rapport de l'humain avec l’humain et avec la nature à construire, qui est a mon sens bien supérieur en tant qu’humanité a toutes les formes de spiritualité et de mysticisme mêlés.

 

Bien sûr, une table et un mouvement de système de concept (Au sens de Vygotski), ce n’est pas la même chose. Mais c’est l’emploi du terme de matière dans les deux cas qui se pose ou ne se pose pas qui m’interroge. Il  peut y avoir confusion entre matériel, immatériel, tangible, intangible, visible, invisible, idéel, ….Que mettre sur ces termes, comment se comprendre, comment donc exprimer que tout est mouvement, tout est matériel, l’idéel de même. La matière crée la pensée et non l'inverse, même si la pensée elle même matérielle peut agir matériellement sur la matière : causalité sans déterminisme.

 

Pierre Assante, 29 novembre 2014

 

(1) Autonomie relative saine ou malsaine de la pensée vis-à-vis de la « réalité extérieure-intérieure » existant indépendamment de notre conscience; pour ce qui est de « l'extérieur perceptible» durant notre existence

De même, pour « notre intérieur perceptible», pour notre corps-soi (au sens d'Yves Schwartz), il nous faut bien exister en tant qu’humain pour percevoir et avoir conscience et "déadhérer" de façon créatrice ou pas, de cette réalité "intérieure".

 

(2) En somme, un processus comparable à ce qui se passe dans le cerveau de la naissance à la maturité de l’humain, de la perception élémentaire à la construction de concepts, de systèmes de concepts en processus, qui ne se cumulent pas seulement quantitativement, mais aussi qualitativement, à l’instar de l’image grossière de la miniaturisation de l’informatique au fur et à mesure qu’augmente sa puissance. Le cerveau fait bien mieux en matière de transformation de sa forme d’activité. Il en sera de même de la société dans un processus en santé, c'est-à-dire en poursuite de vie, dépassant les maladies sociales et les menaces naturelles. J’ai travaillé comme ouvrier agricole, comme ouvrier en usine à 60 h par semaine, comme coursier dans une grande famille bourgeoise que j’ai vu vivre relativement intimement mais surtout « professionnellement » si l’on peut dire. J’ai un CAP de réparation de machine agricole, un certificat universitaire de langue et culture régionale. J’ai été 10 ans responsable national (B.N.) d’une grande fédération syndicale et d’une de ses syndicats (Secrétariat) de personnel Technique Ouvrier et de Service (TOS). Pendant 30 ans j’ai préparé pour les élèves d’un lycée les nombreuses expériences de physique du programme. J’ai fait de la musique et de la poésie. J’ai été 10 ans secrétaire de section du PCF au début de ma vie professionnelle de TOS, dans ce lycée. Lucien Sève nous faisait des cours de philosophie le soir après le travail. Transformation quantitative, qualitative, unité des contraires, état existant, négation, négation de la négation….etc. s’étalaient sur le tableau noir dans l’imprimerie de « La Marseillaise ». Mes parents et mes enfants m’ont grandement instruit rationnellement et sentimentalement, du mouvement social. Chiara m'a confirmé dans la richesse et les limites d'une culture nationale par le contact intime avec les évènements d'une autre nation que la mienne, l'Italie, et de là sur le monde, ce que je ne pouvais voir seulement par l'information savante et encore moins par l'idéologie dominante.


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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 20:55

Article publié sur ce blog une première fois le 22 novembre 2014

 

GARO L'or des imagesMATÉRIEL ET IMMATÉRIEL

 

1) Isabelle GARO dans « l’or des images » (Liens de présentation de l'ouvrage et extrait sur "matériel et immatériel" plus bas)

2) Le Travail dit non-qualifié au Commissariat Général au Plan.

3) La politique de division de classe du travail.

 

La relecture de l’Ouvrage d’Isabelle GARO, de « l’or des images » me donne l’occasion de confronter un de ses passages à une réflexion sur « matériel et immatériel » :

 

Dans une commission du Commissariat Général au Plan, puis de l’organisme national qui l’a remplacé, commission destinée à l’étude du travail non qualifié (1), T.N.Q., un des sujets de débat était « quel statut pour ce travail », un des autres consistant à tenter de distinguer le « travail matériel » du « travail immatériel » (2).

 

Il y a toujours un substrat concret aux confusions. Un de ces substrats en l’occurrence est à mon avis et tout simplement la division de classe du travail à laquelle s’ajoutait une mesure du moment pour la renforcer tout en tentant de réduire les contradictions et les réactions revendicatives qu’elle induisait et induit de plus en plus.

 

En fait l’orientation du ministre Borloo qui sous-tendait l’effort du Premier ministre d’alors, Villepin,  consistait à « vouloir » répondre au chômage et à la déqualification en marche par une mise à disposition privée auprès des couches dites moyennes hautes et basses, du travail « d’aide à la personne », et de constituer pour cela des organismes privés destinés à une concentration capitaliste ultérieure (3).

 

Je ne crois pas me tromper en affirmant le courage de la plupart des experts, sinon de tous, du groupe de travail, pourtant forts divers d’origine sociale, dans leurs opinions, fonctions et conceptions, et leur détermination à poursuivre un travail de fond sur l’analyse et l’organisation du « travail non qualifié » qui a abouti à… la dissolution politique de la commission et à la non publication des trois intéressantes versions préparatoires d’un ouvrage issu de ce travail.

 

Pierre Assante, 22 novembre 2014

 

Notes


  (1) De fait je perdure dans mon appellation de travail « DIT » non qualifié, évidemment. De plus la tenue de ce groupe d’une vingtaine d’experts (dont trois issus de Confédérations et Fédérations syndicales, siégeant pour ma part au titre de la FSU et de l’UNATOS) avait pour but affiché, une réflexion et un ouvrage (Achevé mais non publié) sur le « TNQ ».

(2) Auquel j’ajoute de même un « dit » pour deux raisons : en quoi peut-on distinguer subtilement le travail matériel du travail immatériel, et, comme dit Isabelle GARO, comment ne pas confondre l’immatériel de l’intangible ? Ci-joint un extrait de « l’or des images » d’Isabelle GARO, extrait qui ne couvre qu’une toute petite partie de ses réflexions et recherches sur ce sujet et cet ouvrage.

(3) Une caricature de Wolinski des années 1970 montrait Giscard à la Télé disant à peu près (de mémoire) « J’appelle tous ceux qui ont un peu à s’allier avec ceux qui ont tout contre ceux qui n’ont rien ». Evidemment la technique Borloo ne pouvait qu’échouer à moyen terme en se heurtant à l’amplification de la suraccumulation du capital et sa crise actuelle, ses effets EN RAPPORTS DIALECTIQUES dans et sur la mondialisation, l’organisation et les techniques de production et d’échange, et les effets sur l’appauvrissement de ces « couches moyennes », leur prolétarisation accentuée, ses causes et ses conséquences. Une de mes préoccupations dans cette commission était de mettre en valeur le statut de fonction publique des agents Techniques Ouvriers et de Service de l’Education Nationale (et la possibilité d’extension de services nouveaux, entre autre à la personne dans les collectivité territoriales ou nationale avec statuts et formalisation des fonctions et missions) ainsi que ce qu’Yves Schwartz appelle « Valeurs sans dimension », en particulier dans le travail ouvrier, à rapprocher dialectiquement des concepts marxistes de « valeurs d’usage » et « valeur marchande » (composant double des marchandises dont le travail), « travail concret » et « travail abstrait » non dissociables dans l’activité du système d’échange A-M-A’ », malgré l’aliénation qu’une dichotomie réelle (contradictoire et conjointe, en unité) dans ce système induit.

 

Extrait de "l'Or des images" sur ce lien : ici

Présentation de l'ouvrage:  ici

 

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 07:54

néolithiqueCULTIVER

Culture et barbarie

 

Qui croit être vierge de barbarie, et croit pouvoir ne jamais y sombrer, ne peut lutter efficacement contre elle.

 

Du premier outil, le galet aménagé,  à l’agri-culture (*), l’humain transforme la nature pour répondre à ses besoins, il travaille. Il dépasse la cueillette, il cultive.

Le travail n’est pas synonyme de douleur.

La douleur peut entrer dans toute activité humaine, dans le travail aussi.

Le plaisir peut entrer dans toute activité humaine, dans le travail aussi.

 

Transformer la nature en cultivant pour répondre à nos besoins en croissance et en complexification, travailler c’est ce que nous continuons à faire sous peine de stopper notre existence.

 

La part strictement contrainte du travail peut varier. C’est une question d’organisation sociale conjointe à un développement technique mis au service des besoins complexes. La privatisation des moyens nécessaires à la vie et au travail est incompatible avec une croissance en santé.

 

Rz 10Dans le « Transformer la nature en cultivant », le mot culture s’applique à toute l’activité humaine, infrastructures et superstructures en unité, modes de pensée, système complexes de concepts, y compris évidemment ce qui entre en tant que recherche nécessaire des perceptions, des sensations dans toute activité.

Dans la culture des perceptions entrent les rapports de construction, de destruction, avec les objectifs, l’horizon propre de l’individu dans les objectifs, l’horizon de l’espèce dans la nature.

 

Les rapports sociaux jouent un rôle essentiel dans ces rapports de construction, de destruction. Les dominations d’un groupe humain sur un autre groupe humain induisent des rapports de destructions violents, les douleurs d’alerte élémentaire et-ou complexes et sadomasochistes qui les accompagnent.

 

Cultiver la construction au-delà de la douleur est la tâche de notre temps de fin possible de l’exploitation capitaliste de l’échange A-M-A’ (Argent-Marchandise-Argent plus) , et cette tâche demande un effort de conscience indispensable dont chacun est comptable dans chaque entité humaine constituée, y compris les regroupements sur une base politique de transformation sociale, conjointement à l’ensemble des multiples, infinies et diverses activités humaines. S’instruire et cultiver.

 

Pour dire cela simplement, notre tâche est de cultiver des rapports humains vivables ; de cultiver la vision des humains en tant que nos semblables à respecter en étant « la base » ; de cultiver les perceptions, sensations, sentiments qui vont avec la manifestation de cette vision.

 

Certes cet effort côtoie la violence des apports de forces dans lequel il s’exerce. Les gouvernements de classe, le capital ne font pas de trêve, mais toute exigence de survie introduit cet effort dans cette violence.

 

Le besoin de coopération de survie peut prendre le dessus,  pas seulement par volonté de conscience, mais aussi par le processus conjoint de cette volonté dans le processus de croissance technique-sociale-culturelle.

 

La barbarie c’est la privation de culture. Les dominants y jouent un grand rôle où ils délèguent aux dominés le soin des basses œuvres.

 

Les dominants ne sont pas des barbares, ils possèdent la culture pour se préserver eux-mêmes et préserver leur entité de la barbarie jusqu’au point où la barbarie peut tout submerger ;  ou au contraire jusqu’au point où la contradiction dominants/dominés, celle de leur système social obsolète peut se résoudre dans la transformation sociale devenue indispensable et possible.

 

La démocratie du « que, quoi et comment produire », synonyme de cultiver, est la base du dépassement des dominations et de la poursuite du processus humain.

 

Qui croit être vierge de barbarie, et croit pouvoir ne jamais y sombrer, ne peut lutter efficacement contre elle.

 

Pierre Assante, 18 novembre 2014

 

(*) Et aujourd’hui à l’industrialisation et à l’agriculture industrielle informationnalisées, mondialisées, capital agricole, industriel et financier et leur substrat historique en « couches successives »…

 

Les premiers paysans du monde se sont développés dans le "croissant fertile", c'est à dire dans une partie du Moyen Orient aujourd'hui et depuis longtemps sous les feux de l'actualité.

 

Pour en venir aux concepts ergologiques, les cours du Professeur Yves Schwartz passent, entre autre,  par cette histoire du travail, de la préhistoire à la grande industrie (cf. Le capital) et à la réalité actuelle de l'homme producteur, l'analyse pluridisciplinaire des situations de travail.

 

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 20:50

2014 01 28 002 

Le mouvement de 1968 : Y a-t-il 2 mouvements de 1968, celui des étudiants et celui des ouvriers ? Essayons de comprendre les raisons de cette dichotomie ! Comment et par qui est entretenue cette vision.

Aujourd'hui encore.

 

Si on considère le mouvement étudiant, sociétal comme une utilisation par les classes dominantes et leur idéologie d’un mouvement profond de  « libération de la personne des contraintes », utilisation contre le mouvement ouvrier. On ne voit la réalité que sous un angle

 

Si on le considère comme un mouvement profond de la société exprimé majoritairement par la jeunesse, on se rapproche d’une vision plus exacte de la réalité, mais partielle malgré un début de synthèse.

 

Si un considère le mouvement ouvrier de grève et d’occupation et le mouvement étudiant et sociétal comme des expressions diverses d’un même mouvement de la société, on est sans doute plus en mesure d’aborder le sens réel de ce mouvement de 1968.

 

La crise de suraccumulation du capital dès 1968 est en train de freiner  la satisfaction des besoins humains en développement impétueux, frein qui a en grande partie suscité les évènements qui ont ramené un « gaullisme nouveau » en 1958, nationalisme de développement contrôlé par les monopoles.

 

Cette crise de suraccumulation éclatera radicalement dans les années 1970. Cette crise de suraccumulation du capital a touché tous les secteurs d’activité et touche de plus en plus radicalement tous les secteurs d’activité.

 

Il n’y a pas de frontières entre les secteurs d’activité, il y a par contre des inégalités de développement entre les activités, « de champs et de lieux », en unité.

 

Le travail de transformation du mode de production est une activité « en soi » quand ce n’est pas aussi « pour soi ». Et ce travail de transformation du mode de production s’exprime à la fois dans la production, la culture au sens large dans la production stricto sensu et dans tout le mouvement de la société : la production au sens large, tous les mouvements par lequel elle est constituée.

 

Le travail de transformation du mode de production, c’est toute l’activité du système de production y compris les résistances aux transformations du mode de production, et donc aussi résistance jusqu’à l’étouffement plus ou mois grand des forces politiques, syndicales sociales en général qui sont susceptible d’agir à titre « spécialisé » pour cette transformation.

 

Cet étouffement est un des mouvements, un des éléments de développement inégal, ce qui explique le faible développement en quantité et en qualité, en contenu, de l’organisation de la résistance ouvrière et salariale aux régressions sociales, et ce qui explique le contraste qui s’impose avec la réalité du développement des forces productives, des techniques, des sciences, qui malgré un état de développement immense, quasiment inimaginable, est pourtant en situation de régression relative ;

 

…en situation de régression relative, c'est-à-dire de développement insuffisant par rapport aux besoins que le développement engendre lui-même. Contradiction à la fois simple et voilée pour le travailleur, et pour tout individu de l’espèce humaine en situation « parcellisée », dominé, en perte de cohérence civilisationnelle.

 

Une incohérence civilisationnelle produite par l’obsolescence d’un système de production peut contenir la relève du système,  dans un autre système, dans la mesure où l’effet des freins qu’il impose au mouvement de l’humanité trouve dans la société des forces capables de se développer in fine.

 

Tout cela n’est pas automatique puisqu’à la différence du minéral et de l’animal, l’humain possède l’instrument, l’outil objectif et subjectif de la pensée, la capacité de développer la conscience de son propre mouvement. Le rapport de force entre conscience et outils de régression est donc la question première à « prendre par les cornes », donc prendre par les cornes « la bête », les forces conservatrices qui s’expriment dans la production et contrôlent le rôle de la production en leur faveur.

 

Desceller le sens général de la société et les mouvements multiples et divers qui le composent, c’est l’outil indispensable de  construction du rapport de forces.

 

Desceller le sens général de la société est une activité qui rencontre l’opposition de la classe dominante et d’une classe dominante de plus en plus concentrée, de plus en plus maîtresses des techniques de production, d’échange et de gestion, d’exploitation, de communisation, et militaires.

 

Cette classe dominante de plus en plus concentrée dispose d’une idéologie d’auto-défense de ses privilèges qui consiste aussi à intégrer toute les classes sociales et tous les groupes sociaux, y compris ceux qui en sont victimes. Y compris ceux qui sont au cœur de la production des biens nécessaires à la vie humaine, au cœur des contradictions du système.

 

La nouvelle organisation mondiale du travail, qui a handicapé et handicape encore et toujours le mouvement ouvrier a un double objectif et le même enfin : réorganiser mondialement l’extraction du profit à l’intérieur du travail et déplacer le travail pour diviser le mouvement ouvrier géographiquement et idéologiquement.

 

Travail de fabrication. Travail agricole. Travail de la pensée qui les permet et qui en fait partie. Réalité des nourritures qualifiées de « matérielles et morales », formule parlante, représentative de ce réel mais peu rationnelle ; il en existe pourtant peu de meilleure.

 

L’apparente dichotomie du mouvement « étudiant » et du mouvement ouvrier et paysan n’est que le reflet de la double stratégie du capital, en fait stratégie unique.

 

Stratégie unique intégrée dans les mouvements divers du mouvement général, dans le mouvement global du réel et dont les systèmes de pensée, celui issu du capital et ses « variantes » font partie (de ce mouvement du réel), y compris évidemment le rapport dialectique contradictoire des mouvements de pensée dans le mouvement de pensée, et l’unité de ses contradictions.

 

A l’instar de toute autre apparente dichotomie que la stratégie d’aujourd’hui du  capital, nous fait encore miroiter pour nous la cacher, cette stratégie, et par là nous cacher la réalité d’une exploitation dont la taille s’est agrandie d’une façon immense, alors qu’il veut la présenter comme en voie de disparation, en voie d’effacement devant une humanité devenant équitable.

 

Pierre Assante, 5 novembre 2014

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 09:27

TRENTINPASTRE-2014-11-03-004.jpg

 

ECONOMIE ET ERGOLOGIE.

 

 

Economie et Ergologie.

Une coopération, une alliance. indispensable ?

Anthroponomie.

 

Ce texte n’engage que son auteur (voir P.S. et note 10).

Et Je remercie ici le Professeur Yves Schwartz pour les maintenant nombreuses années d’enseignement, de discussions, de débat et de patience dont j’ai pu bénéficier auprès de lui en auditeur libre. Espérant ne pas le trahir dans cette réflexion, involontairement

 

"...Parlant de l’effort nécessaire « d’alliance Economie politique et Ergologie », j’inclus bien sûr et avant tout l’alliance-processus entre concepts ergologiques reflets de la réalité du travail en mouvement-processus avec  les bases réelles et conceptuelles de l’économie « marxiste » (7) et leur présence-ridification-dissolutions dans  les transformations-mondialisation-informationnalisation du capital aujourd’hui.....

....(7) Plus-value, suraccumulation-dévalorisation du capital, dépassement de l’échange A-M-A’ etc…qu’on ne retrouve pas clairement, malgré tout,  chez  Bruno Trentin,  secrétaire national de la CGIL de 1988 à 1994, période d'après l'auto-dissolution du PCI....."

Pierre Assante, 2 novembre 2014

LIRE

ici

 

http://pierreassante.fr/dossier/ECONOMIE_ET_ERGOLOGIE.pdf

 

 

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 07:56

MOULINS MAUREL LA MARS.141003Transports, Forces productives,

Humanisme et sciences,

 L’atelier du monde.

COUTS de production. TRANSPORTS MARITIMES et FERROVIAIRES.

 

 

Voici 3 articles d’une mini-revue de presse, 3 petites pages en PDF.

 

Le second (Myriam Guillaume) et le troisième sont un constat au jour le jour sur les transports, la politique de privatisation, les conséquences pour les travailleurs des secteurs et de la population et les luttes qu’elles entraînent.

 

Les transports sont au cœur du développement national et régional dans le développement européen et mondial et permettent l’activité première qui est celle de la production des biens matériels nécessaires à la vie humaine.

 

Epine dans le pied du capital, et classe ouvrière sédentaire donc relativement plus facilement organisée dans les conditions historiques du moment (2014), ils ne peuvent pas être délocalisés par essence, mais ils peuvent être privatisés, ce qui est le cas dans de nombreux secteurs.

 

Informations et analyse vont de pair.

 

Le premier (Pierre Ivorra) pose en quelques lignes l’état actuel des forces productives, leurs relations avec la vie quotidienne, une réponse à la puissante  mais non irrésistible agression patronale sur le « coût du travail » : comment évolue et peut poursuivre son évolution la production, l’atelier du monde, les conditions nécessaires mais non suffisantes pour une croissance nécessaire en quantité et en qualité des forces productives.

 

C’est cela poser la question économique réponse au développement humain et renouer avec la vision à la fois anthropologique, philosophique et économique en unité, c'est-à-dire humaniste et scientifique qui est à l’origine du mouvement ouvrier, marxisme en tête.

 

Travail long et patient et quotidien de recherche, d’explication des possibles, de dialogue et d’action rassembleuse, c’est le chemin de plus rapide de l’humanité pour la poursuite de son processus en santé.

 

Pierre Assante, 31 octobre 2014

 

VOICI CES 3 ARTICLES 

ici

http://pierreassante.fr/dossier/COUTS_de_production.TRANSPORTS_MARITIMES_et_FERROVIAIRES_141031.pdf

 

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