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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 07:29

 

Frédéric Boccara. Intervention en plénière du CESE (Conseil Economique Social et Environnemental), le Mardi 12 juin, sur le Rapport Annuel sur l'état de la France.

 

Intervention en plénière du CESE (Conseil Economique Social et Environnemental), le mardi 12 juin, sur le Rapport Annuel sur l'état de la France , expliquant mon vote contre

Chers collègues,

Le rapport de cette année sur l’état de la France propose de « mieux investir pour la France ».
Il propose d’accroître l’investissement matériel et immatériel, mais nous dit qu’il n’y a pas de sous-investissement. Il insiste sur la nécessité de l’investissement public, mais tout de suite dès sa deuxième recommandation la « discipline budgétaire » est mise en avant. 
Il propose une « sélectivité » accrue, mais au sens d’être plus restrictif, plus malthusien, pas d’une tout autre sélectivité. Il mentionne la notion d’efficacité de l’investissement, après d’ailleurs mon insistance, mais pour souligner la rentabilité financière nécessaire des capitaux privés.

Alors est-on devant un patchwork ?

De fait, le rapport reprend certaines préconisations votées ici en plénière, mais pas d’autres. Par exemple pas celles, pourtant nombreuses sur la finance, sur la réorientation du système financier et des banques pour qu’il puisse appuyer vraiment un développement sain, économique, environnemental et social.
Il y a des choses intéressantes, comme sur les salaires des chercheurs, ou de reconnaître le besoin d’élargir la notion d’investissement à certaines dépenses publiques, sur mon insistance de 3 ans (mais soit dit en passant pourquoi alors ne pas prendre la notion de dépenses de développement ? portée dans un avis voté ici sur les TPE/PME).
Il porte certaines critiques justifiées, par exemple que certaines dépenses publiques doivent être mises en-dehors du critère des 3% de Pib, devenu d’ailleurs 1% depuis le Pacte de stabilité. 
Mais il y a un sens d’ensemble et une sous-estimation de la profonde gravité de la situation actuelle … et des nuées qui s’amoncèlent juste devant nous !
Le sens d’ensemble, c’est « faisons mieux, ce qui a été tenté, améliorons », bref accompagner l’existant avec quelques correctifs. 
Or ― comme on dit couramment ― cela ne fait pas la maille ! 
C’est pourquoi je voterai contre ce Rapport, tout en reconnaissant des avancées.
Entendons-nous bien. On va me dire : mais il faut trouver des compromis ! 
Tout à fait d’accord. 100 pour 100 d’accord. Mais compromis n’est pas collage, ni patchwork.
Il faut des compromis viables pour avancer. Et donc qui soient à la hauteur. A la hauteur de la gravité de la situation et des défis posés. Le G7 de ce week-end ne fait que renforcer cette exigence !
Pour prendre une image, on nous propose d’améliorer les cadrans du navire, voire de mettre un ou deux cadrans de plus. 
Mais il y a des voies d’eau très graves dans le bateau ― j’entends la fuite financière vers les Etats-Unis et la spéculation, le délitement de l’emploi, le délitement de l’égalité territoriale et sociale, une croissance qui quand elle repart accroît les émissions de CO2 et l’artificialisation des sols.
Donc des voies d’eau très graves… et qui vont s’élargir demain, peut-être brusquement ! Avec les taux d’intérêt et la guerre financière mondiale. Ce n’est donc pas de cadran qu’il faut parler mais d’énergie à réorienter, de matériau pour combler des brèches, besoin de carburant, et de créer des canalisations tout autres.
Cela concerne au premier chef l’argent et les capacités humaines créatrices.
Or ce sont les deux grands absents : la sécurisation de l’emploi, et la réorientation de la finance, depuis la maîtrise des taux d’intérêt jusqu’aux euros créés par la BCE. 
Cela renvoie à la responsabilisation des entreprises et des banques, et à des monopoles de pouvoirs qu’il faudra bien dépasser.
La crise qui vient va faire saillir comme jamais une sorte d’antagonisme entre l’accumulation financière et le nouveau type de dépenses qu’il faudrait.
Il nous appartenait d’alerter, d’être vigie et d’indiquer des leviers pour cela. Je pense qu’une occasion a été ici manquée.

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L’HUMANITÉ ENTRE DANS SON ADOLESCENCE 

RECUEIL JANVIER.FEVRIER.MARS.AVRIL. REMANIÉ AU FUR ET A MESURE DE SON ELABORATION.

SUR CE LIEN : 

http://pierre.assante.over-blog.com/2019/03/l-humanite-entre-elle-dans-son-adolescence-recueil-janvier-fevrier-mars-2019-remanie.html

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